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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 00:09

envy - sandra brown 

 

 

ENVY

 

( JALOUX )

 

 

Repéré il y a quelques mois chez Nico comme étant un roman incontournable, doté de grandes qualités, original et d'une grande finesse, il m'a juste fallu lire qu'en plus, l'intrigue tournait autour de l'histoire d'une éditrice new-yorkaise tombée sur le manuscrit d'un écrivain prometteur qu'elle va tenter de retrouver, et qu'à partir de là, le plus inattendu est à venir, pour que je mette ce roman au top de ma LAL, puis rapidement de ma PAL.

 

Prenant, palpitant au début, c'est vrai! J'ai vraiment adoré le prologue de cet écrivain mystérieux sur lequel s'ouvre le roman, prologue qui suscite la curiosité, qui plonge dans une atmosphère de tension palpable, j'ai adoré le style réaliste et captivant de l'auteur, et tout comme l'éditrice, j'étais désespérée de ne pas avoir la suite, le prologue s'arrêtant à un moment de grand suspense. Puis l'enchaînement sur le récit de cette éditrice mettant tout en oeuvre pour retrouver cet écrivain qui semble tout faire pour qu'on ne le retrouve pas m'a fortement intriguée aussi. Sans parler de ce grand plongeon dans l'univers de notre éditrice que j'ai trouvé très intéressant, sa passion pour le métier d'éditeur en particulier...

... Je pressentais, à ce stade-là, un grand coup de coeur côté thriller!

 

 

Malheureusement, assez rapidement mon intérêt s'est amoindri, l'intrigue se développant avec un rien de sentimentalisme en trop (à mon goût) au fur et à mesure du récit. J'ai trouvé beaucoup d'éléments de l'histoire un peu grotesques, caricaturaux, clichés, servis par des facilités d'auteur, en particulier - et là, je spoile, attention - l'histoire d'amour entre l'éditrice et l'écrivain (bien sûûûr...). Je n'ai pas trouvé ça très crédible, ni palpitant, et ça m'a même franchement déplu, ce parti pris de l'auteure. Cela dit, cet aspect de l'histoire est a priori assumé et bien réfléchi par l'auteure, l'éditrice étant décrite comme particulièrement romantique. Mais en dehors de ça, même les chapitres rédigés par l'écrivain mystérieux, insérés en cours de récit, ne me semblaient plus aussi convaincants que le prologue.

Bref, à ce stade-là, la sauce avait tourné pour moi...

 

Dommage car j'aurais bien aimé adorer ce livre, c'était vraiment bien parti pour...

 

... sauf que, en plus, j'ai trouvé le dénouement de l'intrigue très prévisible, on devine assez vite ses tenants et ses aboutissants... Il y a juste un moment où je n'avais pas percuté sur un truc vers la fin, où j'ai eu le sentiment de m'être faite avoir, et là, j'ai eu comme un vague moment de plaisir, ce qui m'a fait un bien fou, car c'est ce qu'on recherche un peu dans la lecture d'un thriller (et ce qui m'a peut-être beaucoup manqué ici).

 

Tout le déroulement de la fin n'était d'ailleurs pas mal, plutôt bien mené et développé, ça, par contre, l'auteure maîtrise vraiment bien son récit de bout en bout, tout s'imbrique avec une grande logique, mais vraiment, un grand dommage (pour ma part) pour le côté fleur bleue à mi-chemin entre l'harlequinesque et les fins Jamesbondesques que l'auteure n'a pas pu résister d'ajouter pour conclure...  

 

 

Dans le genre, car j'adore les histoires impliquant des écrivains, et au rayon thriller, je préfère Misery de Stephen King, ou encore Jeux de mains de Ruth Rendell (excellent dans mon souvenir).

 

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 21:10

a-quiet-belief-in-angels.gif 

 

 

A QUIET BELIEF IN ANGELS

 

( SEUL LE SILENCE )

 

 

Hé oui, encore une fois j'ai succombé à l'enthousiasme bloguesque général autour de ce roman! Enfin, j'aurais résisté plusieurs mois tout de même.

 

Le verdict:

Un peu trop lent pour moi côté rythme, sachant qu'il s'agit d'un thriller et qu'on attend donc quelque chose d'assez dynamique, palpitant, prenant. En fait, ce roman tient plus de la grande littérature anglophone que je vois bien étudier à l'université. Côté style, R.J. Ellory a la carrure des "grands écrivains" et impose son rythme, et si l'on est un tant soit peu disposé à lui consacrer plusieurs heures de lecture, on peut se délecter à le lire tant sa plume est précise et agréable, et sa narration a le souci du détail constructif, aussi bien dans la description d'un lieu que dans les dialogues. J'ai d'ailleurs trouvé ça personnellement impressionnant, voire admirable, car je me suis dit qu'il a dû en falloir de la patience pour écrire tout ça.

 

Le plus qui ressort de tout ça, c'est qu'il y a une réelle atmosphère qui se dégage de ce roman, une densité dans le récit (mais pas pesante), on sent que l'écrivain a pris un réel soin et plaisir à l'écrire.

Le moins, c'est que par moment, ma patience était mise à rude épreuve et que j'aurais bien appuyé sur avance rapide pour aller plus loin dans le récit et avoir le fin mot de l'histoire.

 

J'ai d'ailleurs failli lâcher le livre assez vite car je n'étais pas préparée à ce genre de rythme et d'étoffement, je m'attendais à un bon vieux thriller type page-turner-je-retiens-mon-souffle-tellement-c'est-électrique.

Je l'ai d'ailleurs lâché à un moment au profit d'un autre livre d'un tout autre registre (Chroniques d'une prof qui en saigne de Princesse Soso, billet à venir (un jour)), mais l'idée que j'allais rendre un livre à la bibliothèque sans avoir le fin mot de l'histoire (càd savoir l'identité du serial killer), m'a un peu contrainte à le reprendre.

 

Grand bien m'en a pris car une fois replongée dedans, j'ai avancé à un rythme un peu plus soutenu (je pense que c'est la partie enfance/adolescence du narrateur aussi qui ne m'a pas vraiment emballée) et que j'ai mieux apprécié ce récit et sa structure, ainsi que le personnage principal. 

 

La fin m'a paru un peu brutale, dans la mesure où on ressort de là sans que les motivations du serial-killer aient vraiment été explicitées, et rien dans le courant de la lecture ne permet de s'en faire vraiment une idée soi-même (je me trompe peut-être). Enfin, le focus n'était pas sur lui mais bien sur l'histoire de notre narrateur, sa vie, les répercussions et traumatismes de ces meurtres sur son être.

 

Au final, je reste assez mitigée, je pense que c'était un bon roman dans l'ensemble, mais ce n'était pas non plus un livre à lire en urgence me concernant, mais bon, au moins je sais maintenant de quoi il retourne.

 

A lire également, une interview exclusive de l'auteur par Géraldine, VO et VF !

 

L'auteur

Ecrivain britannique, R. J. Ellory est né en 1965. Après avoir connu l’orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rock, avant de se tourner vers la photographie.

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 00:58

mort-d-une-heroine-rouge.gif 

 

 

DEATH OF A RED HEROINE

 

( MORT D'UNE HÉROÏNE ROUGE )

 

                                 traduit de l'anglais par Fanchita Gonzalez Battle

 

 

Voilà un polar que j'ai mis du temps à me décider à lire malgré les avis généralement positifs et bien qu'il fasse parti de mes challenges depuis l'année dernière. J'avais en réalité des a priori, je craignais de m'ennuyer dans une histoire de meurtre clairement politique, avec ses clichés et ses évidences, tendant la perche à des discours et considérations sur le communisme qui me parleraient peu, voire pas du tout, et je craignais aussi un style un peu vieillot, traditionnel,  un peu trop chinois, que j'imaginais mal adapté aux polars.

 

Erreur, j'ai été étonnée par le côté très moderne, occidental, qui se dégageait de l'écriture de ce roman, jusqu'à ce que je me rende compte qu'en fait ce livre a été traduit de l'anglais et donc que l'auteur n'était pas un chinois à 100%. Enfin, si, mais bon, bien qu'il ait grandi et vécu en Chine, son statut d'expatrié aux Etats-Unis fait qu'il a tout de même une approche plus libre et décontractée quand il s'agit de pointer du doigt les failles du système dans son pays, et qu'il a une façon de voir les choses beaucoup plus occidentale que chinoise, ce qui se ressent assez à la lecture de son roman.

 

Ça n'empêche que ce polar est très intéressant et instructif sur la Chine socialiste en transition vers la fin des années 80. L'auteur brosse une peinture politique et sociale de la Chine des années 60 au début des années 90 et s'attache beaucoup au quotidien de ses personnages, s'attardant sur leurs habitudes sociales et leur train-train quotidien.

Vraiment j'ai appris bien des choses que je ne soupçonnais pas sur le mode de vie des Chinois, sur leurs relations entre eux, professionnelles ou amicales, sur leurs difficultés également (la crise du logement y est particulièrement déprimante), sur leurs habitudes alimentaires (qu'est-ce qu'on se goinfre dans ce livre, et qu'est-ce que ça donne envie!).

Ce roman a été pour moi un véritable voyage culturel qui a provoqué chez moi à la fois choc et émerveillement au gré des pages.

 

Bien sûr, on n'échappe pas aux considérations politiques que je craignais tant (de ne pas suivre surtout), mais ça se fond très bien dans l'enquête que l'auteur développe tout en finesse et avec clareté, et ça se révèle être aussi particulièrement intéressant, même si pour le coup, on n'apprend rien de véritablement neuf, et que le déroulement des événements sur la fin m'a semblée peut-être un peu "facile".

 

Par contre, j'ai été un peu soulée par le côté "poète" de l'inspecteur et par sa pseudo histoire sentimentale avec la journaliste. Poète, romantique et idéaliste, forcément notre inspecteur ne pouvait pas être un flic ordinaire, et en plus il traduit des romans policiers occidentaux!

A croire que l'auteur l'a un peu façonné à son image...

 

Un passage que j'ai bien aimé car assez révélateur culturellement parlant:

 

" - En fait, "intimité" est un mot difficile à traduire en chinois.

Il s'y était heurté plusieurs fois. Il n'y avait pas de mot équivalent dans sa langue. Il avait dû trouver une périphrase pour en exprimer le sens."

 

 

L'auteur

Né à Shanghai en 1953, Qiu Xialong émigre aux Etats-Unis après les événements de Tian'anmen. Egalement en Points: Visa pour Shanghai et Encres de Chine.

 

 

Lu dans le cadre du deuxième tour du défi  
(DAL 2 - 7) DÉFI ACHEVÉ!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Youhou! 

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 14:42

victor-rizman.gif 

 

 

40 ANS, 6 MORTS ET QUELQUES JOURS...

 

Un roman que j'attendais au tournant, tout simplement parce que repéré chez plusieurs blogueuses enthousiastes qui m'ont  du coup replongée dans le syndrome d'amazonite aiguë, alors que je ne trouvais ce livre chez aucun libraire et que je n'ai pu résister à la tentation de le commander en ligne pour l'avoir tout de suite...

 

Pas gagné donc, car j'en attendais énormément, mais j'avais tout de même bon espoir d'apprécier cet auteur qui semblait sortir de l'ordinaire et digne d'intérêt rien qu'à travers son site (lien plus bas) et sa vidéo de présentation du livre (ci-dessous l'extrait).

 

 

40 ANS, 6 MORTS et QUELQUES JOURS from Victor Rizman on Vimeo.

 

 

VERDICT

 

Personnellement, j'hésite à catégoriser ce roman dans un genre particulier. On pourrait dire que c'est tout simplement l'histoire d'un homme ordinaire à un tournant de sa vie, ses 40 ans.

Autour de lui gravitent d'autres personnages autour de la quarantaine. Ce roman s'apparente du coup à une espèce de réflexion à plusieurs voix sur ce tournant dans la vie, avec un bilan de vie peu positif => regard insatisfait sur un vécu, la famille, le travail, le rapport aux autres, sur la société, réveil douloureux à une morne réalité, regrets de choix passés, etc, il y a donc une dimension psychologique forte dans ce roman, baignée d'une atmosphère un peu triste, une ambiance à la "American Beauty."

Au deuxième plan, en parallèle et superposé, le déclic, la crise du quadra qui se solde par une transformation en serial killer - étonnant, j'avoue que sur le coup je m'étais dit "ah bon, comme ça, d'un coup, ben ok alors..."

 

Et nous voilà embarqués dans un thriller, à première vue du familier et du déjà-vu, et en même temps du différent, ON CROIT lire une énième version d'une intrigue classique, où l'originalité résiderait dans le fait qu'on connait tout, le serial killer, ses motivations, la façon dont il s'y prend, on soupire même un peu d'agacement devant les personnages caricaturaux des flics et journaliste, originaux à leur manière cela dit (Sanska en particulier m'a bien fait rire avec ses "autant faire ceci, autant faire cela") MAIS c'est encore plus fort que ça côté originalité car on suit le serial killer dans sa vie active banale et que le milieu de la communication en prend un coup sur la tronche, qu'il se fait coacher sur Internet par un autre serial killer et que leur correspondance prend une tournure étonnante, et que l'auteur nous surprend habilement au virage final après nous avoir semés au milieu de considérations diverses.

 

 

Et puis un très beau final, rondement mené, dont on peut deviner le dénouement sans jamais de certitudes, où l'on se demande quel sera le choix final de l'auteur, avec une petite angoisse au ventre et un petit espoir de fin romanesque.

On médite encore sur l'ensemble une fois la dernière page tournée...et on se dit, non non, rien à dire, c'est une intrigue originale, finement élaborée.

Je confirme donc: auteur qui sort de l'ordinaire, délicieusement surprenant, très certainement à suivre!

 

 

L'auteur, Victor Rizman, tout sur son site (j'adore la chanson d'accompagnement!)

 

 

Egalement commenté par Keisha, Mango (pas d'accord avec elle pour les deux dernières pages, au contraire, c'est ça qui est génial! ), Cynthia, Saxaoul, et d'autres très certainement.

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 16:55
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OSCAR WILDE AND THE CANDLELIGHT MURDERS

( OSCAR WILDE ET LE MEURTRE AUX CHANDELLES )



A l'époque où mes commentaires de lecture tenaient sur une ligne dans un fichier Excel, j'aurais mis pour ce roman: bof.
Aujourd'hui, je rajoute: j'ai vraiment eu du mal à le finir, je me suis vraiment forcée et ça c'est très mauvais signe (bon, en même temps, je n'étais pas dans une bonne période pour me concentrer sur la lecture, ça joue aussi peut-être) (pas persuadée cela dit). Le livre a vértiablement failli me tomber des mains à un moment, c'est pour dire, et arrivée à la dernière page, j'ai soupiré un grand "Ouuuuf! Enfin!"

Terrible comment je me suis ennuyée presque tout le long, et pourtant au début ça présageait bien, j'étais même vraiment bien dans les premières pages, mais j'ai fini par trouver Oscar Wilde franchement pénible dans son rôle de Sherlock Holmes - pas étonnant en réalité, je dois dire que je n'ai jamais accroché aux Sherlock Holmes, ce genre d'enquêtes un peu désuètes et gentillettes qui me laissent assez indifférente.

Ce qui m'a vraiment insupportée, c'est les longueurs interminables que j'ai ressenties alors que notre Oscar faisait traîner les révélations qu'il détenait. J'ai vraiment horreur de ça, les pseudo-détectives trop sûrs d'eux, tout est évident pour eux alors que leur entourage est systématiquement à côté de la plaque (bien sûr), ça décrédibilise tout je trouve, et puis franchement ce côté "je sais mais je ne le dis pas tout de suite", ça m'énerve terriblement.
Rajouté à cela plein de mises en scène un peu théâtrales, le pompon de trop, et on obtient un double bof. Sans compter que j'ai commencé à avoir de graves suspicions en cours de chemin, et du coup, pas de vrai surprise au final (un 'ti mouaif qui accompagne le double bof).

Sympa et originale pourtant, cette idée de romancer la vie de personnages connus façon detective story, surtout impliquant Oscar Wilde dont j'aime beaucoup les oeuvres, mais c'est assez différent de ce que j'avais en tête, et surtout, je n'arrivais pas à croire en ce que je lisais, Oscar Wilde en Sherlock Holmes, j'avais beaucoup de mal à trouver ça crédible et à me laisser bercer par cette illusion. Et puis c'est vrai, ne pas être particulièrement fan de Conan Doyle et Sherlock Holmes, ça n'a pas joué en la faveur de ce roman.
Par ailleurs, la thématique même de l'intrigue bof bof (quadruple, quintuple bof!).
Je me suis rendue compte qu'en plus , le tome que j'avais en tête, celui qui me tentait, ce n'était pas celui-ci mais le suivant, mais bon, plus envie de me lancer là (peut-être un tort...).


Une série qui a ses adeptes cela dit, celui-ci est donc le premier tome des "Oscar Wilde Murder Mysteries" (3 tomes à ce jour si je ne m'abuse), je dois être encore la seule schtroumpf grognon sur ce titre, mais bon, hein, il en faut, tous les goûts étant dans la nature...

Un grand merci à Abeille qui m'a offert ce livre (c'était bien un des livres tant convoités de ma LAL donc pas d'erreur sur le casting ).

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 00:26



WATCH YOUR BACK !


Il aura fallu un billet de Keisha pour que je me décide à me pencher aussitôt sur l'écriture de Donald Westlake après des années d'indifférence. C'est que "histoires foutraques", "déjantées", sont des mots auxquels je résiste assez mal, et je ne catégorisais pas du tout Westlake dans ce style d'écrits.

La série des Dortmunder, le cambrioleur fétiche de notre auteur, semblant être incontournable, me voici donc embarquée dans le premier disponible à la bib'.

Je me marre dès la première page, cela dit, je ne suis pas persuadée que c'est son meilleur Dortmunder car malgré un bon aperçu de son humour, souvent désopilant, un sens de la répartie irrésistiblement drôle entre les personnages, des réflexions et des situations cocasses, etc, j'ai trouvé l'intrigue vraiment moyenne, comme un prétexte à réunir des personnages juste pour le fun et sans que cela ait vraiment été indispensable.
Il en résulte beaucoup de détours par rapport à l'intrigue principale, de multiples histoires parallèles (qui finissent par se rejoindre certes), la présence d'une multitude de personnages auxquels j'ai dû me familiariser bon gré mal gré, incluant une bande de bras cassés, compères de Dortmunder, une sorte de mafia dont l'absence ne m'aurait pas dérangée outre mesure, un millionnaire à l'origine de tout ce remue-ménage, bref, roman trop foisonnant à mon goût pour véritablement en apprécier la lecture.

Roman très new-yorkais en terme d'ambiance, les dialogues des locaux m'ont évoqué la verve des personnages des films "Smoke" et "Brooklyn Boogie" de Wayne Wang que j'avais beaucoup aimés. Défilent sous nos yeux toute une galerie de personnages hauts en couleur, des scènes du quotidien qui nous plongent dans l'atmosphère unique de New York, ses bars et ses habitués, avec un petit détour par d'autres sphères sociales et géographiques, le style est de ce fait très vivant.

Ce livre, d'après mes recherches, un des derniers de l'auteur, est paru uniquement aux Etats-Unis et n'est donc pas traduit en France. Il ne m'a pas vraiment convaincue mais je me tenterais bien Dégâts des eaux histoire de me faire une meilleure idée de la série des Dortmunder.
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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 02:05



DARLING JIM


Qu'est-ce que ça fait du bien un bon livre captivant comme celui-là! Ça faisait quelques semaines que je n'avais pas été aussi fébrile en lisant un roman.

Au début, j'étais sceptique, je craignais une histoire à la Bête du Gevaudan, ce n'est pas trop mon trip les loups-garous et toute la clique, mais rien à voir!
L'histoire m'a tenue en haleine jusqu'aux 2/3 du livre environ, jusqu'à la fin même, l'auteur prenant soin de laisser des questions en suspens dont on aimerait avoir la réponse même si le voile a été levé sur les principaux mystères. J'ai juste eu une petite déception au dernier tiers du livre quand j'ai réalisé de quoi il retournait exactement, j'avais espéré un autre dénouement. Mais bon, pris dans son ensemble et dans son contexte, c'est un roman très réussi, tout colle, j'ai trouvé que l'intrigue était vraiment bien trouvée et bien menée. L'auteur a de l'imagination et un vrai talent de conteur. Ça faisait longtemps que je n'avais pas frissonné comme j'ai frissonné à la lecture de certaines descriptions

J'ai beaucoup aimé l'idée d'un personnage tel que Niall, simple postier aspirant à une carrière de dessinateur de BD (d'artiste graphique selon ses termes) et devenu enquêteur malgré lui. L'exploitation du seanchaí, conteur de légendes irlandaises, dans l'histoire, était également une excellente idée. L'humour n'était pas dominant mais il y avait quelques touches très appréciables, notamment avec le chat de Niall.

Bon, sinon, personnellement, je n'ai pas trouvé très crédible que Fiona et Róisín aient eu le temps d'écrire leur journal avec autant d'aise et de tranquillité qu'un écrivain devant son écran. Autant de détails et de minutie dans les descriptions et dialogues, comme quand on a le temps de bien écrire en choisissant ses mots, ce n'est juste pas possible quand on est dans la situation suivante: séquestré, affamé, très affaibli, et à deux minutes d'être tué...
Des facilités d'auteur comme j'aime qualifier ce genre d'entorse au réalisme d'une histoire, mais bon, j'ai bien voulu fermer les yeux là-dessus.

J'avais été par contre complètement bluffée par les connaissances pointues de l'auteur sur l'Irlande, son folklore, ses habitants, jusqu'à ce que je découvre qu'il s'est inspiré d'un fait divers lu dans un journal irlandais, l'été 2000, a brodé autour en imaginant ce qui a pu se passer, et que ses recherches pour son roman l'ont conduit à parcourir Dublin, Malahide, les comtés d'Offaly et de Laois, le West Cork....


L'auteur
Darling Jim paraît simultanément dans 14 pays. Son auteur, Christian Mork, est né au Danemark et vit à Brooklyn. Il a été journaliste, puis scénariste pour Neil Jordan et la Warner avant de consacrer tout son temps à l’écriture de romans.



Egalement commenté par Ys.

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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 00:54



UNE ENQUÊTE AU PAYS


Mon premier détour littéraire par le Maroc grâce à ce polar dépaysant!
Au départ, j'ai cru me retrouver plongée dans une des aventures de Chick Bill (on a les références qu'on a ), avec l'inspecteur Ali dans le rôle de Kid Ordinn, shérif adjoint et accessoirement sous-fifre, et le chef dans le rôle du shérif Dog Bull. L'humour et les pitreries d'Ali, de même que les vaines colères de son chef n'étaient pas sans me rappeler les personnages de cette BD. C'était parfois très drôle, parfois lourd, Ali étant un petit peu pénible par moment et pas toujours amusant (comme les personnes qui en font trop), quoique au fur et à mesure de la lecture, j'ai fini par me faire au style de l'auteur et à m'attacher aux personnages.
J'ai particulièrement adoré le début avec la première confrontation et le dialogue de sourds entre Raho, l'homme de la montagne, et nos deux citadins, la mise en scène était cocasse à souhait et excellemment dépeinte, très visuelle, j'avais l'impression d'être sur place, en témoin des événements.
Toute l'intrigue se déroule sur ce mode, confrontant deux univers différents, les montagnards et les gens de la ville, traditions et modernité, le Moyen-Âge et le XXè siècle en somme, comme le clament d'ailleurs les protagonistes. L'objet de l'enquête elle-même tarde à se révéler et l'intrigue ne se déroule du coup pas comme un polar classique, l'enquête étant secondaire, un prétexte surtout à parler du choc des cultures au sein d'un même pays et d'un même peuple, l'Histoire expliquant comment les choses en sont arrivées là.

Un exemple de dialogue:
"- C'est pas ça, dit l'inspecteur avec patience. Ecoute voir: dans les villes les gens ont toute sorte de papiers plein leurs poches.
- On n'est pas à la ville, mon gars.
- Je vais t'expliquer. Donne-moi la main, mon vieux. C'est des papiers et aussi des cartes qu'ils ont, tu comprends?
- Non, dit le paysan. Tes paroles n'arrivent pas jusqu'à ma tête.
- Je vais t'expliquer, répéta l'inspecteur, tenace. Il y en a des roses, des bleus, de toutes les couleurs. Il y en a pour conduire une automobile, deux: une carte grise pour avoir cette automobile, et une rose pour la mettre en route. C'est simple.
- Je n'ai pas d'automobile, dis donc! Il y a juste une mule et un bourricot par là, va voir. Et essaie donc de leur présenter du papier pour les faire bouger! Tu es un rigolo, toi."



J'ai trouvé ce roman culturellement très intéressant du coup, instructif, l'auteur masque bien la tragédie de la réalité sociale de son pays par l'humour. J'avais l'impression toutefois qu'il insistait un peu trop sur ces points et sur les différences entre les deux univers en les pointant exagérément du doigt et en les ressassant comme si ce n'était pas bien clair. Il en ressort un effet de moquerie un peu cruelle parfois j'ai trouvé, la façon dont les personnages parlent français par exemple, même si cela est amené avec dérision. Le chef me faisait bien rire n'empêche. L'auteur a réussi à vraiment bien saisir l'essence du parvenu social.
J'ai bien aimé la toute fin également, très drôle ce revirement de situation!

Je ne m'attendais pas du tout, en abordant ce livre, à un auteur aussi loufoque et farceur, pour preuve ses NdA en bas de pages ou la pseudo-lettre signée "l'inspecteur Ali" dans laquelle il se moque de lui-même. Belle surprise donc!
Je pense continuer - oooh, probablement pas de si tôt mais bon - ma découverte de cette série, notamment avec L'inspecteur Ali, celui que j'ai failli choisir pour ce défi, le choc des cultures Ecosse/Maroc me semblant très prometteur!


L'auteur
Driss Chraïbi (15 juillet 1926 - 1er avril 2007) est un auteur marocain de langue française. Il a également fait des émissions radiophoniques pour France Culture. Driss Chraïbi est un écrivain qui est trop souvent réduit à son oeuvre majeure Le Passé Simple, et à une seule analyse de ce livre : révolte contre le père sur fond d'autobiographie. Or, Driss Chraïbi aborde bien d'autres thèmes au cours d'une œuvre qui n'a cessé de se renouveler : colonialisme, racisme, condition de la femme, société de consommation, Islam,  Al Andalus, Tiers-Monde.

Lu dans le cadre du deuxième tour du défi  
(DAL 2 - 5 / reste 02 )

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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 13:18



HEADBANGER

( DEJANTE )


Un titre (français) irrésistible (pour moi), un titre (anglais) non moins intrigant, une chronique ultra-enthousiaste chez Keisha, forcément, quand elle en a parlé, je n'avais plus qu'une seule idée en tête, trouver coûte que coûte les romans de cet écrivain irlandais, Hugo Hamilton! Bon, ça ne m'a pas coûté grand chose, j'ai eu la chance de le trouver en anglais à la bib' et il n'a pas fallu longtemps pour que je m'embarque dans ce polar irlandais (hors défi! ) à la découverte de ce personnage un peu spécial, le Garda (gardien de la paix en Irlande) Pat Coyne.

Bon, paraît que j'avais été prévenue que dans ce roman, ce n'est pas l'intrigue qui compte, mais je n'avais pas saisi à quel point ça ne comptait (presque) pas!

Parce que voilà, je commence ce livre, je rentre tout de suite dedans, séduite dès les premières pages par le style de l'auteur et la façon dont il dresse le portrait de son personnage, ce fameux Pat Coyne, une sorte de Zorro qui a une image très précise du monde tel qu'il devrait être selon ses principes, des principes tout à fait louables de justicier élevé au biberon de la droiture extrême, un Robocop qui a l'oeil sur la moindre feuille de travers sur un arbre, un exemple dans sa confrérie, voire même pour l'humanité, serait-on tenter de penser, seulement voilà, à trop vouloir bien faire, il en devient une menace pour son entourage et lui-même!

Car oui, c'est un flic droit et rigoureux mais difficilement contrôlable quand il a décidé d'appliquer sa justice. Contrarié par un quotidien banal et routinier, notre homme, borné et obtus, saisit toute occasion de mettre le monde sur le droit chemin, et même si son supérieur hiérarchique le met à l'écart des affaires les plus délicates car ses réactions imprévisibles et un poil exagérées servent difficilement leur cause,  quand Coyne décide d'appliquer la "justice de Coyne" et qu'il a décidé que le monde allait voir ce qu'il allait voir, rien ne peut l'arrêter et on tremble de là où on le lit, non pas pour ses ennemis mais pour lui.

Coyne est un comique malgré lui, on se moque un peu de lui (comme sa femme d'ailleurs) et en même temps on compatit à ses frustrations. Ses rêves d'héroïsme et leurs conséquences sont désopilants, on s'attache vraiment à ce personnage un peu particulier, seulement voilà, à la moitié du livre (qui n'est pas très épais au passage) (bon point)!, j'étais toujours en attente désespérée d'action!!! Je me demandais s'il allait se passer quelque chose d'un peu palpitant ou si l'auteur allait continuer à nous faire le portrait psychologique de son personnage, des fois qu'on n'aurait toujours pas assimilé à qui l'on avait affaire.

C'est mon seul bémol par rapport à ce polar car même si l'on se régale de ce personnage un peu spécial, côté polar et intrigue, on est un peu en reste, non pas qu'il n'y ait pas d'intrigue policière mais elle n'est pas centrale, et quand on lit ce qu'on croit être un polar classique, on est un peu en attente tout le long de la lecture. J'ai bien aimé la fin cela dit, un peu n'importe quoi mais en cohérence totale avec ce personnage un peu barge!

Pour la petite anecdote de lecture, j'ai découvert que "eejit", c'était "idiot" pour les Irlandais (c'est vrai que phonétiquement...).


L'auteur
Hugo Hamilton: découvert fin 2004 avec Sang impur (Prix Femina/Etranger; élu par la rédaction de LIRE parmi "les 20 meilleurs livres de l'année"), il est considéré dans son pays comme le maître absolu du polar à l'irlandaise: noir, très noir.


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Published by A_girl_from_earth - dans THRILLERS - POLICIERS
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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 23:11



L'HOMME CHAUVE-SOURIS

                                   traduit du norvégien par Elisabeth Tangen et Alexis Fouillet


C'est le fait que l'action se situe en Australie qui a motivé mon choix pour ce polar norvégien car je m'intéresse vraiment beaucoup à ce pays depuis plusieurs mois, et la rencontre des cultures norvégienne et autralienne me paraissait être une toile de fond plutôt enrichissante pour l'intrigue, sans compter qu'avec un seul roman, je faisais d'une pierre deux coups en terme de voyage littéraire!

Ca a failli être un coup de coeur jusqu'à la moitié du livre par là, où des événements nouveaux ont complètement fait basculer l'ambiance du livre de franchement drôle et culturellement passionnant et instructif, à résolument sombre et tragique jusqu'à me plomber le moral (pffff!). De plus, j'ai été déçue par l'aboutissement de l'enquête, la révélation du meurtrier (hé non, ce n'est pas Batman ... pardon ) ne m'a pas convaincue en fait, ça fait un peu on va le faire cadrer par tous les moyens dans le moule psychopate même si c'est un peu tiré par les cheveux... pour moi, ça aurait pu être lui ou un autre - mais bon, l'auteur s'en sort bien quand même, ça reste cohérent (même si pas convaincant).

Ca a failli être un coup de coeur quand même cela dit, déjà parce que je ne m'attendais pas du tout au sens de l'humour de l'auteur, bon on ne se roule pas par terre à chaque phrase mais personnellement j'étais bonne cliente de ses traits d'humour, ensuite, pour moi, cette exploration de l'Australie (plus spécifiquement Sydney) et des moeurs de ses habitants à travers le regard d'un Norvégien m'a passionnée et appris énormément.
J'ai beaucoup aimé les récits des légendes aborigènes entre autres, et j'ai trouvé ça particulièrement original la conception et le développement de l'intrigue sur le thème de l'une d'entre elles, à savoir celle du serpent Bubbur et de Walla (c'est pourquoi je lui "pardonne" le côté "tiré par les cheveux" - personnellement j'y vois un parti pris, une envie de jouer sur un thème qui mettrait en avant la problématique aborigène, et construire une intrigue sur cette lignée en mélangeant légende, faits historiques et intrigue policière tout en restant cohérent n'était pas chose acquise).

Par ailleurs, l'auteur n'est pas du genre à bâcler ses intrigues, enfin celle-ci du moins, il prend son temps pour la développer jusqu'à la fin, sans zapper les détails qui n'éclairent pas spécialement l'affaire pour privilégier la course-poursuite à tout va, et c'est très appréciable même si on a une impression de lenteur. Personnellement ça ne m'a pas dérangée au contraire, ça participe à la création d'une véritable atmosphère.

Bref, malgré mes quelques bémols, je suis ravie de cette découverte d'un auteur de polar norvégien vers lequel je ne me serais peut-être pas tournée de si tôt sans ma participation au défi "Littérature policière sur les 5 continents" qui m'a incitée à élargir mon horizon côté polar cette année et dont je suis ravie du résultat.
J'ai déjà décidé de partir en Thaïlande avec lui avec Les cafards, et puis après je resterai en Norvège, soit avec Chasseurs de tête, soit avec Rue sans souci (et puis après, et parallèlement je passerai à d'autres auteurs aussi parce que je ne vais pas lui consacrer ma vie non plus!).


J'ai également noté Black-Out de Fredrik Skagen dont Gaïa Editions fait la promotion dans ce roman et franchement ça a l'air plutôt appétissant!


Egalement commenté par Keisha, Emeraude, Yueyin et très certainement d'autres.


L'auteur
Né en 1960, Jo Nesbø, d'abord journaliste économique et musicien, a été propulsé sur le devant de la scène littéraire en 1998 en recevant le prix du meilleur roman policier nordique de l'année pour L'homme chauve-souris.



Lu dans le cadre du deuxième tour du défi 
(DAL 2 - 4 / reste 03 )

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Published by A_girl_from_earth - dans THRILLERS - POLICIERS
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