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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 01:14

Blanche-Neige-et-les-lance-missiles.gif 

 

 

BLANCHE-NEIGE ET LES LANCE-MISSILES

 

                   QUAND LES DIEUX BUVAIENT - 1

 

 

Voilà un titre qui n'a pas échappé à mon oeil qui s'efforce pourtant de se faire tout petit quand il survole la blogo (protection des LAL et PAL oblige) mais il faut dire que je ne me lasse absolument pas des contes de fées détournés, revisités, parodiés, sacrilégiés, bref, et il me semblait qu'on était en plein dedans avec ce livre commenté par Snow sur le blog Littératures de l'imaginaire sur les 5 continents.

 

J'étais d'autant plus intriguée que l'auteure est française et que je connais peu d'auteurs français aimant s'aventurer dans ce genre, et j'étais encore plus intriguée par le fait que ce soit unE auteur-E!

 

Je ressors de ce livre bluffée et admirative devant le talent de cette femme qui ne manque pas d'humour et de déjanterie comme j'aime, qui a un sens aigu de la parodie et du détournement de l'univers des contes et légendes, qui manie le verbe comme personne, et surtout, qui semble s'éclater dans ses délires pleinement assumés.

J'ai vraiment été impressionnée aussi par l'apparente facilité avec laquelle elle passe d'un niveau ou style de langage à un autre - du vieux françois causé par la Belle au Bois Dormant qui, rappelons-le, a un siècle de retard sur ses contemporains, au Petit Chaperon rouge, alias Vareuse ici, au langage moins soutenu, voire grossier et rustique, en bonne paysanne de l'époque qu'elle est (j'ai adoré son personnage!).

 

Extrait de rigueur:

"Deux âpres heures plus tard, Aurore et peau d'Âne barbotaient dans une cuve remplie d'eau de la plus belle auberge de Carelaje. [...] Quant à la petite vareuse à capuche rouille, elle boudait en se chauffant les pieds devant un grand feu ronflant:

"Alors c'est ça, un bain? C'est dégoûtant."

[...]

- Nous, quand on s'lave, c'est un drap posé au fond de la rivière et point, nous.

[...]

- Qu'au moins l'eau elle est courante et qu'on marine pas dans son jus de crasse, nous...

[...]

- Hé ho, c'est pas plus sot qu'avec une paire de chaussons en forme d'anticyclone des Açores! s'insurgea Tute.

- Nenni, c'est pas, gloussa Aurore.

- Que quand même, partager son sale de fesse et d'entredoigts de pieds, ça c'est dégoûtant..."

 

 

Très forte vraiment cette auteure, beaucoup d'imagination, le sens de la mise en scène, du scénario et des dialogues envolés et imagés.

 

Cela dit, je me suis donc vraiment régalée des délires de l'auteur un bon bout de lecture, mais arrivée aux histoires de dieu, anges, démons, de purgatoire et d'enfer, j'ai trouvé que ça partait en chaussette. Il y a un moment où je ne suivais plus trop, ça partait trop dans tous les sens, en histoires parallèles et perpendiculaires, et j'ai un peu perdu le fil - mais même sans suivre l'intrigue, je tombais toujours sur des passages désopilants, ce qui me satisfaisait assez.

D'ailleurs ce n'est pas l'histoire en elle-même que j'ai trouvé intéressante, mais bien les personnages et la façon dont l'auteure nous les représentait, ainsi que leurs interactions.

 

 

A noter que ce tome est le premier d'un cycle intitulé "Quand les dieux buvaient". Ça m'a fait beaucoup penser aux Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett dans l'ensemble.

 

 

L'auteur

Catherine Dufour est née en 1966. Elle a commencé à écrire des poèmes à l'âge de sept ans. Cinq ans plus tard, elle apprend que les poètes finissent tous trafiquants d'armes : elle jette ses poèmes et commence à écrire des nouvelles.

Vingt ans et quelques prix plus tard, elle découvre Terry Pratchett, et décide de tout recommencer à zéro. Ainsi naîtra son cycle Quand les dieux buvaient (prix Merlin), qui l'a imposée, avec son roman de science-fiction Le Goût de l'immortalité (prix Bob-Morane, Rosny aîné, prix du Lundi et Grand Prix de l'Imaginaire), comme une figure centrale de l'imaginaire actuel français.

 

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 23:48

land_of_laughs_carroll.jpg 

 

 

THE LAND OF LAUGHS

 

( LE PAYS DU FOU RIRE )

 

Un livre découvert complètement par hasard au détour d'une bib', et qui s'avère être une très très bonne surprise, le genre de rencontre qui devait se faire!

 

Ce qui m'a attirée:

- la couverture, ses couleurs étranges, sa composition peu ordinaire, ce chien surtout, tout sourire, ça m'avait frappée. On ne le voit pas bien là sur la couverture mais un petit zoom et on comprendra (ou pas... ) pourquoi j'ai craqué:

 

bull-terrier.jpg

 

(non franchement, il est pas cute ce chien? )

 

- et puis évidemment, le titre! Comment ne pas m'arrêter devant ce titre évocateur?

 

Un rapide coup d'oeil à la quatrième de couv' me convainc que ce roman pourrait me plaire (et je ne me suis pas trompée!). On y parle de la magie du livre, cette magie qui vous transporte dans un autre univers le temps de la lecture et qui vous marque à jamais. Qui n'a pas rêvé un jour que cette magie soit bien réelle?

Ce roman nous montre combien cela pourrait être cauchemardesque, à travers les aventures de Thomas Abbey, professeur d'anglais dont le rêve est d'écrire la biographie de son écrivain fétiche, Marshall France, un auteur de livres jeunesse qui a marqué son enfance. Arrivé dans la ville d'adoption de cet auteur pour enquêter sur sa vie, Thomas est étrangement bien accueilli par ses habitants. Il n'est bien sûr pas au bout de ses surprises alors que, jour après jour, des petits détails à première vue anodins finissent par l'interpeler!

 

J'ai beaucoup aimé le thème de l'histoire déjà, l'intrigue est développée de façon subtile, l'auteur nous dévoile petit-à-petit ce qui se trame à Galen, la ville de l'auteur, en nous surprenant jusqu'à la dernière page, et c'est franchement tripant! 

Mais ce qui m'a encore plus agréablement surprise, c'est le talent de conteur de cet auteur qui sait merveilleusement bien capter l'attention du lecteur, mais aussi l'entraîner habilement d'un univers a priori tout à fait normal, à un univers où règnent le fantastique et le surréel, tout en gardant une atmosphère de vraisemblance. On bascule ainsi d'un univers à l'autre sans trop sourciller, comme si c'était naturel. On oscille entre frissons normaux qu'éveillerait tout roman à suspense, et angoisses, doutes, questionnements propres aux histoires surnaturelles.

Tout comme Thomas, le narrateur, on a véritablement l'impression de participer à la découverte du mystère de cette ville et de l'auteur.

 

J'ai vu sur Amazon.fr le commentaire d'un certain Philemonprosper, qui disait à propos d'un autre roman du même auteur (Flammes d'enfer): "L'étrange s'immisce peu à peu [...] nous inquiétant et nous émerveillant en même temps." C'est exactement ça ici aussi, et j'ai adoré cette sensation mixte!

 

 

Un auteur qui me semble particulièrement intéressant dans sa manière d'aborder les histoires, dans ses idées, son imagination. Je lirai très certainement d'autres de ses romans.

 

Egalement commenté par Sandrine Brugot Maillard

 

 

L'auteur

Jonathan Carroll est américain mais vit à Vienne. Il a fait une entrée très remarquée en France avec Le Pays du fou rire, qui lui a valu le prix Apollo 1989. Il a publié depuis une douzaine de livres dont Collection d'automne, un recueil qui a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire 2000. Admiré aussi bien de James Ellroy que de Stephen King, il sait mêler comme nul autre réalisme magique, humour et terreur.

 

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 01:27

tales-otori---1.jpeg

 


TALES OF THE OTORI - Book 1 / ACROSS THE NIGHTINGALE FLOOR


( LE CLAN DES OTORI - Tome 1 / LE SILENCE DU ROSSIGNOL )

 

 

Très très agréable surprise que ce premier tome d'une série, au départ une trilogie qui a évolué en pentalogie.

Je m'attendais à un récit pour gamins vu que je l'avais vu catégorisé jeunesse, et j'étais surprise de l'histoire qui a du fond, de l'ampleur, du corps, qui présente une intrigue solide tournant autour de la rivalité entre clans dans un Japon médiéval imaginaire, avec une petite pointe de surnaturel qui trouve tout à fait sa place dans cette histoire, de façon assez réaliste, malgré mes craintes de départ.

 

Le style est d'une grande fluidité, c'est un roman vraiment très agréable à lire. L'intrigue se tient bien, il y a assez de palpitant, de rebondissements, d'événements pour éveiller l'intérêt du lecteur, l'auteur ne s'appesantit pas sur des détails mais les informations sont suffisantes, les événements aussi. Le rythme du récit m'a vraiment plu, tout m'a semblé si bien dosé, ni trop ni pas assez de tous ces ingrédients qui font une chouette histoire!

 

Je déplorerai juste la romance un peu mièvre entre Takeo et Kaede, la cuillerée de sucre en trop dans un dessert qui aurait pu être parfait, sinon tout m'a tenue en haleine, sans non plus que j'halète derrière, mais le récit était assez prenant pour que je tourne les pages.

J'ai adoré le dénouement, pas aussi simpliste que je m'attendais, ainsi que l'idée d'une Tribu avec cette histoire de "Kikuta", et dans l'ensemble, je trouvais même que ce n'était pas si jeunesse que ça dans certains propos et thèmes abordés en cours d'intrigue (ou alors jeunesse à partir de l'adolescence) (ou alors je me fais vieille, pour ne plus savoir apprécier ce qui peut être sympa pour les plus jeunes...).

 

J'aurais vraiment embrayé sur les tomes suivants de suite si ce n'est que je crains d'avoir à suivre la continuité de l'histoire un peu trop romanesque entre Takeo et Kaede, et que ce tome se suffit à lui-même si l'on veut bien compléter par l'imagination ce qui aurait pu suivre. Par ailleurs, ATTENTION SPOILER mes personnages préférés ont disparu (quel choc! ), j'aurais à la limité préféré que l'histoire se poursuive avec eux, mais bon, je continuerai quand même à l'occasion car je garderai un très bon souvenir du style narratif de l'auteur et ça m'intéresse quand même de savoir ce qu'il advient de Takeo au sein de la Tribu.

 

 

A noter qu'une adaptation de ce livre à l'écran est en préparation et je suis assez curieuse du résultat! 

 


L'auteur

Lian Hearn est le pseudonyme d'un auteur féminin pour la jeunesse, célèbre en Australie où elle vit avec son mari et leurs trois enfants. Elle est diplômée en littérature de l'université d'Oxford et a travaillé comme critique de cinéma et éditeur d'art à Londres avant de s'installer en Australie. Son intérêt de toujours pour le Japon l’a conduite à en apprendre la langue, à en découvrir l’histoire et la poésie et à y effectuer de nombreux voyages. C’est au cours de l’un de ses voyages que lui sont apparus de façon saisissante les personnages du Clan des Otori.

 

 

Lu dans le cadre du défi imaginaire.jpg   

(DAL 3 - 7)

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 01:30

spin - wilson

 

 

SPIN

 

 

Voici une lecture dont le souvenir n'est plus aussi frais que je l'aurais souhaité et sur laquelle j'ai passé beaucoup plus de jours que prévu, faute de temps (et de concentration surtout car j'ai dévoré ce livre jusqu'à au moins sa moitié, puis relâchement fatal qui a fait que je n'ai pu me replonger dedans que quasi un mois après...)

 

J'en retiendrai quelques grandes lignes:

 

- un frisson bien ressenti à l'idée que les étoiles puissent disparaître de notre champ de vision un jour (c'est un de mes petits cauchemars, car les étoiles me font vraiment triper - une nuit sans étoiles - bouuh!!)

- un plaisir de lecture lié à l'imagination de l'auteur quant à ce phénomène du Spin. J'hésite à en dire plus mais j'ai adoré l'idée que, dans le contexte imaginé par l'auteur, on puisse réussir à terraformer la planète Mars (pas d'inquiétude, faux spoiler) - ça paraissait vraiment d'une logique implacable, limite si ça donne pas envie que le Spin arrive pour de bon....

- une petite déception par contre à la révélation de ce qu'étaient les "Hypothétiques" (si c'est bien la traduction de "Hypotheticals") - il faut dire que c'est ce qui m'a fait aller au bout de ce roman - l'idée est brillamment développée et exploitée, tout se tient, mais j'attendais autre chose... quelque chose de moins tiré par les cheveux sur la fin aussi peut-être (vraiment dur de parler de ce livre sans en révéler de trop...).

 

Les petites lignes qui m'ont amusée:

- les clins d'oeil de l'auteur à En terre étrangère de Heinlein que j'ai lu il y a peu (je me suis sentie récompensée de l'avoir lu pour le coup )

- cette phrase de Wun avec laquelle je suis plutôt d'accord: "An honest book is almost as good as a friend."

 

 

J'ai été moyen séduite par contre par le style de l'auteur qui m'a semblé un peu froid, ou trop sérieux peut-être, le ton grave (bon, bien sûr, l'heure est grave dans cette histoire ), ne laissant pas vraiment la possibilité au lecteur de s'attacher aux personnages ou de palpiter à la lecture des événements.

L'intrigue est admirablement bien développée et consistante, réaliste, on est dedans, mais il m'a manqué ce petit plus entraînant de bout en bout. Cela m'a fait penser un peu à Chroniques des jours à venir de Ronald Wright à ce niveau.

L'histoire entre Diane et Jason m'a barbée quelque peu mais ce qui fait la force de ce récit, c'est qu'il ne s'agit justement pas simplement d'une intrigue science-fictive pure et dure, il y a une dimension humaniste très distincte qui ressort des différentes intrigues développées par l'auteur à travers ce roman, dans les rapports humains, dans les questions que l'humanité se pose et ses réactions très variées face à cette vraisemblable fin du monde imminente, qui renforce d'ailleurs cet aspect réaliste de l'histoire.

Plusieurs thèmes sont abordés, amour filial, fraternel, amours/amitiés, enjeux politiques, mouvements religieux, etc... comme si la toile de fond science-fictive n'était qu'un prétexte à la mise en scène de tous ces éléments - j'avoue que pour ma part, j'ai préféré la toile de fond au reste qui m'a paru juste trop - trop de sujets explorés dans le détail, non pas qu'on s'y perd, c'est même très bien traité et les intrigues se fondent les unes dans les autres, certaines sont même touchantes, mais ce n'était pas ce qui m'intéressait  dans cette histoire.

La toile de fond était heureusement formidablement bien exploitée sous toutes ses coutures, pour ça, on n'est pas vraiment en reste, même si j'attendais autre chose sur le développement.

 

 

Très bon roman SF dans l'ensemble, un des meilleurs que j'ai lus ces dernières années par rapport aux idées explorées. Il n'y a quasiment rien à redire, simplement on adhère ou non. Il semblerait qu'il y ait une suite d'ailleurs mais ce tome me suffit à lui seul, pas dit que je me précipite donc.

 

 

Repéré il y a deux ans comme un coup de coeur SF potentiel chez Denis (PAL-1 )

 

 

L'auteur

Né en 1953 en Californie mais vivant aujourd'hui â Toronto, Robert Charles Wilson s'est imposé comme l'une des têtes de file de la science-fiction canadienne avec des romans tels que Mysterium, BIOS, Darwinia, Les Chronolithes, Spin ou Axis qui lui ont valu de nombreux prix littéraires, dont le prestigieux prix Hugo.

 

 

Lu dans le cadre du défi imaginaire.jpg  

(DAL 3 - 6)

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 23:27
stranger in a strange land


STRANGER IN A STRANGE LAND

( EN TERRE ÉTRANGÈRE )


Nom: Valentine Michael Smith
Ascendance: Humaine
Origine: Mars


Un roman SF dont la quatrième de couv' m'a tout de suite parlé, cette histoire d'homme né sur la planète Mars, élevé par des Martiens, et qui se retrouve sur Terre, sa planète d'origine bien qu'il n'en soit pas conscient, en parfait étranger donc, Martien dans sa tête, ignorant notre langage, nos moeurs, notre mode de vie, notre façon de penser, une histoire qui annonçait un choc des cultures, avec cette petite originalité que notre visiteur débarquant de Mars est tout de même un être humain à la base, ce qui va rendre sa confrontation avec ses congénères particulièrement intéressante - une petit côté "Mowgli retourne chez les siens" ou "Tarzan à New York" version SF qui semblait vraiment prometteur et qui a, je confirme, tenu ses promesses.

Robert A. Heinlein ne nous fait pas languir trop longtemps, ce que j'ai beaucoup apprécié. Dès les premiers chapitres, nous rentrons dans le vif du sujet et les événements s'enchaînent sans manquer de palpitant. Autant le dire, j'ai dévoré les premiers chapitres jusqu'à près de la moitié du livre.

J'ai beaucoup aimé suivre l'évolution de Smith, en particulier dans son contact avec son entourage, son lent apprentissage de nos codes, de nos comportements sociaux, il y a un certain réalisme dans son développement qui m'a énormément plu, par exemple dans la façon dont il pouvait enregistrer toutes les données des encyclopédies, sans finalement que ça l'aide à appréhender notre monde. Son côté "superman" n'était pas non plus sans me séduire, j'ai trouvé ses pouvoirs géniaux - bon, ok, il y a des invraisemblances mais on s'en fout, on peut bien plier notre esprit de façon à accepter certaines choses parfois.

Cette vision du Martien qui sort du cliché des petits hommes verts était très intéressante aussi, et l'auteur a su développer l'idée d'une "civilisation" martienne assez crédible. On retiendra que sur Mars, on "grok" à tout bout de champ (comme les Schtroumpfs ) - ça m'a beaucoup fait rire cette notion très difficilement explicable du "grok"!
Quant aux autres personnages, l'auteur a su leur donner une âme également, ils ont chacun leur identité propre, à laquelle on s'attache au fur et à mesure que l'histoire se déroule - j'ai particulièrement aimé le personnage de Jubal, formidablement charismatique!


J'avais déjà eu l'occasion de lire un roman de Robert A. Heinlein dont il m'est resté un bon souvenir, quoique mitigé, une écriture pleine de dérision qu'on retrouve ici à une plus faible intensité mais j'aime beaucoup le côté un peu farceur de Heinlein. L'intrigue est dense mais accessible, on s'amuse bien et en même temps on est pris dans quelque chose de sérieux, les enjeux sont importants et prétexte pour l'auteur à une critique non déguisée des institutions que représentent la politique, la presse et la religion, avec tous les tabous moraux, l'hypocrisie et les absurdités diverses découlant du "système".


ATTENTION risque de spoiler
J'ai moins aimé le dernier quart du livre quand tout bascule, quand Smith passe au stade adulte, avec tout l'aspect prêchi-prêcha développé à partir de là, un petit côté secte qui m'a mise mal à l'aise, où tout le monde "grok" et tout est beau,  un côté "peace and love" (and sex) un peu trop prononcé à mon goût, mais qui préfigurait bien l'époque hippie qui a succédé à la parution de ce roman.

Dernier mot pour la couverture que j'adore et qui, je trouve, illustre bien un des épisodes du roman!
(et puis, en passant, lire un livre avec un personnage qu'on surnomme the Man from Mars quand on a pris pour pseudo A girl from Earth, c'est franchement très amusant!) (mais bon, ça n'amusera que moi, je le conçois )


Lu dans le cadre du défi  defi SF  (option Crazy SF )
(DAL 2010 - 1 / reste 14)
(PAL - 1 )
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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 12:41



AUX ETATS-UNIS D'AFRIQUE


Un thème qui m'a attirée pour son originalité, celui d'un monde où l'Afrique aurait été ZE puissance mondiale et l'Eldorado des émigrants d'Euramérique, cette autre partie du monde où la vie est beaucoup moins rose.
"La faculté de rêver n'appartient pas seulement aux peintres, aux poètes et aux conteurs qui en font une profession", et Aboudarahman A. Waberi est assurément un grand conteur, pour preuve ce roman qui se déroule comme un rêve nourri des fantasmes de l'auteur!


Présentation de l'éditeur
"Dans ce monde qui aurait pu être le nôtre, le continent africain est un pays de cocagne organisé en une florissante fédération d'Etats, un modèle inaccessible pour le reste du globe ravagé par les maladies, la famine, les guerres et l'enténèbrement des consciences. Des millions d'émigrants venus d'Euramérique risquent leur vie pour gagner cet Eldorado qui entoure de prévenance intellectuels, scientifiques, hommes d'affaires, artistes... mais ne peut accueillir toute la misère de la Terre.
Née en Normandie, la blanche Maya a grandi à Asmara, capitale fédérale de l'Erythrée, dans la chaleureuse affection de Docteur Papa, le médecin humanitaire qui l'a adoptée. Ce roman raconte son histoire faite de bonheur, d'inquiétude, d'amour, d'art, de deuil... et d'un retour aux sources oubliées.
Entre récit de politique-fiction, parabole malicieuse et conte voltairien, Aux Etats-Unis d'Afrique dénonce les injustices et les préjugés de notre monde tristement réel. Dans un style poétique au lyrisme exubérant, mêlant humour et gravité, Abdourahman A. Waberi récuse la notion de fatalité en illustrant la réversibilité de l'histoire."



Idée originale donc mais dont j'attendais peut-être un peu plus qu'une simple transposition de la réalité actuelle de façon inversée. J'étais un peu déçue qu'il n'y ait pas vraiment d'imaginaire élaboré autour de ce contexte. Les Noirs dominent le monde, ce sont les faits, mais l'auteur ne crée pas un monde de toute pièce qui les crédibiliseraient (disons que pour moi il manquait un arrière-plan historique car si notre monde est ce qu'il est aujourd'hui, c'est qu'il y a toute une histoire avec un grand H derrière). En fait c'est comme si, dans son imaginaire, au lieu de s'appeler les USA, les USA s'appelaient les Etats-Unis d'Afrique, se situaient dans l'hémisphère sud et étaient évidemment dominés par les Noirs. Il se base simplement sur la réalité et la transpose juste en prenant le meilleur et le pire de chaque continent pour les répartir de façon à avoir cette Afrique dominante économiquement, politiquement et technologiquement, tout en gardant le meilleur de son identité africaine, et le pire des pays du tiers-monde transposé côté Occident (famine, guerres, etc) tout en gardant le pire de l'identité occidentale pour à la fois justifier leur situation dans cet univers imaginaire, et illustrer en même temps tous les points négatifs de leur politique actuelle dans notre réalité, une politique quelque peu déshumanisée qui se défend entre autres de ne pouvoir accueillir toute la misère de la Terre.
On ne découvre donc rien de neuf ni d'original vraiment,  et en plus il y a quelque chose de très caricatural dans cette vision de la réalité, où tout est tout blanc ou tout noir, sans entre-deux.

Par ailleurs, j'ai eu du mal à accrocher au style, un rien onirique, un peu lyrique, trop érudit pour moi peut-être dans la forme. Il s'en dégage quelque chose d'abstrait qui fait qu'on a encore plus de mal à croire et à rentrer dans l'univers proposé par l'auteur, et même à s'intéresser à l'histoire de Maya/Malaïka, cette Blanche recueillie par des humanitaires africains.

Par certains aspects, j'avais l'impression, cela dit, que l'auteur s'amusait beaucoup plus qu'il ne se prenait au sérieux, pour preuve certains titres de ses chapitres, par exemple "De la dernière trouvaille de l'auteur pour divertir son lecteur", et comme s'il se réjouissait d'une bonne farce dont il est prêt à assumer les conséquences, il avertit  son lecteur qu'il aura peut-être du mal à suivre ses "délires": "Il est possible que cette histoire familiale, ressassée, convulsive, racontée dans le désordre vous donne du fil à retordre."

C'est aussi un joli voyage à travers l'Afrique que nous propose l'auteur, à travers sa cuisine, ses cultures, et il fait également honneur aux grands noms de l'histoire, de la littérature et de la culture africaine tout le long de son récit.
Par ailleurs, dans cette réalité de la suprématie occidentale transposée et réadaptée dans un contexte africain, il y a quelques bonnes trouvailles, que j'ai trouvées plutôt amusantes et qui sont de jolis clins d'oeil de l'auteur. Ainsi, dans son imaginaire, certains stéréotypes "remontent au moins à Mathusouleyman", on y trouve la colline de Haile Wade (pour Hollywood), les salons de café Sarr Mbock, l'enseigne McDiop, le célébrissime sourire de Mouna Sylla, la glace crémeuse Hadji Daas, etc...


L'auteur
Né en 1965 à Djibouti, Abdourahman A. Waberi est l'auteur d'une oeuvre saluée par la critique, récompensée par de nombreux prix et traduite en plusieurs langues. Il a notamment publié Le Pays sans ombre (Le Serpent à plumes, 1994), Cahier nomade (Le Serpent à plumes, 1996), Balbala (Le Serpent à plumes, 2000) et Transit (Gallimard, 2003).


Lu dans le cadre du défi 
(DAL 3 - 3)

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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 14:33



BRIDGE OF BIRDS

( LA MAGNIFICENCE DES OISEAUX )


Une histoire aux couleurs "fantasy-esques" qui se déroule dans une Chine légendaire du IVe siècle, "une Chine Ancienne qui ne fut jamais" selon les termes de l'auteur, un protagoniste qui répond au nom étrange mais non moins amusant de Boeuf Numéro Dix, son compère, non moins intrigant, un sage alcoolique (!!!), une enquête, des aventures, une histoire de princesse, de l'humour, un titre plein de charme et de poésie, le tout imaginé par un Américain, il ne m'en fallait pas plus pour attiser ma curiosité!

Quatrième de couv:
"Pour lutter contre une épidémie pour le moins singulière - puisqu'elle sait compter et ne touche que les enfants de son village - Boeuf Numéro Dix se rend à Pékin le jour de son dix-neuvième anniversaire. Là, il rencontre un vieil alcoolique, un sage qui bien des années auparavant fut célèbre sous le nom de Maître Li. De retour au village de Kou-Fou, tous deux découvrent sans mal que Fang le prêteur sur gages et Ma le Grigou ont empoisonné les enfants par erreur. Les deux coupables ont pris la fuite, mais il reste à guérir les enfants...
Ainsi commence la première enquête de Boeuf Numéro Dix et Maître Li, dans une Chine qui ne fut jamais, où la recherche de la Grande Racine de Pouvoir les conduira à briser la terrible malédiction qui pèse sur la princesse aux oiseaux...
Narrée avec beaucoup d'humour, récompensée par le World Fantasy Award 1985, cette aventure délirante - où les personnages principaux échappent à la mort à chaque chapitre - ravira autant les amateurs des enquêtes du juge Ti que les lecteurs assidus de Terry Pratchett."


Il lui a fallu quand même 5 années de douce fermentation dans ma PAL avant que je ne trouve l'occasion de savourer les pages de ce roman, et quel plaisir de replonger dans l'univers merveilleux et magique de la fantasy! A noter toutefois, pour la petite anecdote, que lors de sa première parution en 1984, ce livre était sorti dans une collection de littérature générale, puis, le succès n'étant pas au rendez-vous et sur l'intervention d'Ann McCaffrey, écrivaine américaine de science-fiction et fan du livre, ce dernier a été réédité l'année suivante dans une collection de fantasy et a rencontré un succès immédiat couronné du prestigieux World Fantasy Award.

Je me souviens d'un travail de rédaction que nous avait confié l'institutrice quand j'étais en primaire: on étudiait alors les mécanismes et les conventions des contes et l'on devait s'en inspirer pour en inventer un à notre tour. Ce n'était pas très compliqué, tout conte a un (ou plusieurs) héros avec des caractéristiques particulières définies à l'avance, ce dernier a toujours une quête, un ou plusieurs objets magiques et des épreuves sur son parcours.
En découvrant cette histoire, ce schéma m'est revenu en tête car l'intrigue a effectivement ce côté très convenu des contes en général, mais c'est dans l'art de narrer les événements et de captiver son public que l'on reconnaît le talent du conteur, et en cela, Barry Hughart n'en manque pas.

On s'attache très vite à nos deux compères qui n'ont rien des héros type des récits d'aventures. Boeuf Numéro Dix a sa jeunesse et de l'énergie à revendre mais peu d'expérience de la vie, Maître Li a des idées plein la calebasse et la sagesse des années mais un léger défaut de caractère, le tandem, atypique, est truculent, le récit est teinté d'un humour espiègle et ne manque pas de rythme, nos deux acolytes enchaînent les épreuves dans leur quête de façon presque parodique. J'ai apprécié la concision des descriptions concernant les déplacements, l'auteur se concentre sur l'action et c'est vraiment très appréciable, dans ce type de récit en tout cas, et quand il s'attèle aux descriptions, il nous plonge dans une Chine mythique dont on regrette presque qu'elle soit imaginaire.

J'ai été assez impressionnée aussi par le développement de cette intrigue qui commence par une histoire d'épidémie qui atteint les enfants d'un village, un événement relativement "banal", et qui mène à un magnifique conte de fée coloré de légendes et mythes chinois, avec un dieu amoureux d'une princesse (aaah quelle jolie histoire vraiment!).

Si, dans l'ensemble, j'ai suivi comme ça le récit sans être vraiment absorbée mais en passant tout de même un très agréable moment de lecture, c'est vers la fin, le dernier tiers du livre, que j'ai commencé à réaliser la beauté de l'histoire qui s'était dessinée sous mes yeux, la fin est superbe, digne d'un conte merveilleux. On se rend compte alors que rien n'a été laissé au hasard, que tout est à sa place dans cette intrigue subtilement développée, et ça donne envie de découvrir les autres tomes de cette série (ça tombe bien, j'ai les deux suivants dans ma PAL, The Story of the Stone et Eight Skilled Gentlemen - je pensais au départ que les trois tomes formaient une histoire unique mais en fait non).

A noter que l'auteur avait prévu 7 tomes, voire plus, mais des conflits editoriaux lui auraient fait renoncer à l'écriture pour toujours.


L'auteur:

Sa passion pour la culture et la mythologie chinoise pousse Barry Hughart à donner naissance aux "Aventures de Maître Li et Bœuf numéro Dix", une série se déroulant selon son auteur dans "Une Chine Ancienne qui ne fut jamais".

Le premier tome La Magnificence des Oiseaux sort en 1984 et reçoit un an après le prestigieux World Fantasy Award (ex-aequo avec La Forêt des Mythagos de Robert Holdstock) et l'année suivante le prix Mythopoeic. En 1988, paraît La Légende de la Pierre puis, en 1991, Huit Honorables Magiciens.

Barry Hughart prévoit une série en sept volumes, mais suite à divers conflits éditoriaux, il doit y renoncer. Il reproche à son éditeur de ne pas l'avoir averti sur les récompenses obtenues par La magnificence des oiseaux mais, en définitive, c’est face au refus de publier ses romans dans des éditions cartonnées que Barry Hughart renonce à l'écriture. Depuis, il habite Tucson en Arizona.

Source: Wikipédia



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(DAL 3 - 2)
(PAL - 1 )


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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 13:53



MALPERTUIS


Quatrième de couv':
"Malpertuis ! C'est la première fois que le nom coule, d'une encre lourde, de ma plume terrifiée. Cette maison imposée comme point final de tant de destinées humaines, par des volontés terribles entre toutes, j'en repousse encore l'image ; je recule, j'atermoie, avant de la faire surgir au premier plan de ma mémoire. D'ailleurs, les personnages se présentent moins patients que la maison, pressés sans doute par la brièveté de leur terme terrestre. Après eux, les choses demeurent, comme la pierre dont se font les maisons maudites."



L'auteur
Né et mort à Gand, Jean Ray (1887-1964) s'impose dès ses Contes du whisky comme un des écrivains les plus originaux de la littérature fantastique. Les années 1940 voient la parution de ses oeuvres majeures: Malpertuis, Le Grand Nocturne, Les Cercles de l'épouvante, Les Derniers Contes de Canterbury.
Autour de son nom se constitue ce qu'on a appelé "l'école belge de l'étrange"
.


La première chose qui m'a frappée et qui m'a impressionnée quand j'ai abordé ce roman, c'est le style qui m'a laissée pantoise! Dans un français comme on ne l'écrit plus, oscillant entre archaïque, impeccable et sobre, en tout cas exquis, l'auteur nous dévoile peu à peu le mystère qui hante Malpertuis avec une efficacité redoutable dans l'art du suspense.

J'ai noté "intentions écrivassières" qui sonne tout simplement magnifiquement à mes oreilles et que je n'aurais jamais pensé exister...

Un style qui n'est pas sans me rappeler celui de L'éclipse de Hirano Keiichirô qui est peut-être un poil plus archaïque dans son usage de la langue, et dont le genre rejoint d'ailleurs complètement celui de Malpertuis puisque ce roman nous plonge lui aussi en plein dans l'univers du fantastique.

Phénomènes mystérieux, ombres et cris dans la nuit, noirceur des lieux, évocation de démons, diable, fantômes, malédiction, rien ne nous est épargné pour nous faire comprendre que nous nous trouvons là devant un des plus grands mystères et malheurs de tous les temps, que quelque chose de funeste se déroule sous nos yeux dans l'enceinte de cette teRRRRifiante demeure que l'on appelle Malpertuis.
Alors je ne sais pas si je suis complètement aguerrie à ce genre de pratique, immunisée par des années de lecture ou de visionnage d'horreurs à travers livres et films, voire reportages télévisés, dans le domaine du fantastique et du paranormal, mais je n'ai pas tremblé sous ma couette à la lecture de ces phénomènes menaçants qui jalonnent le texte, je dirais même que j'ai plus frémi en découvrant tous ces mots inexistants dans mon vocabulaire quotidien qu'en visualisant les événements du récit.

En revanche, j'ai été complètement abasourdie par la révélation du mystère de Malpertuis et la façon dont l'auteur a finement brouillé les pistes avant de nous dévoiler ce qui se tramait dans cette maison! J'ai trouvé ça épatant et fascinant en terme d'imagination, vraiment originale la façon dont il a utilisé cette thématique dont je ne peux malheureusement pas parler ici sous peine de spoiler, j'étais à mille lieux de me douter qu'il s'agissait en fait de ça, et pourtant, en repensant à certains phénomènes et événements, tout concorde, tout semblait déjà pointer vers cette explication logique.

C'est un récit qui se digère après-coup, qui s'apprécie réellement à la lumière de ces révélations et qu'on gagnerait à relire en les ayant en tête!
C'est un roman dont l'intrigue ne me convainquait pas en cours de lecture et que je trouve ingénieuse arrivée à la fin!
C'est fou quand même!
Là je le digère encore!



Lu dans le cadre du défi 
(DAL-5 / reste 09 )
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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 17:07




A SCIENTIFIC ROMANCE

( CHRONIQUE DES JOURS A VENIR )


C'est fou comme le titre français peut faire perdre toute sa connation "rose" au titre original, et même, le rendre passablement plus dramatique et sérieux.
En fait , rien à voir avec un roman rose, "scientific romance" est une expression désuète en anglais pour désigner la science-fiction. Cela proviendrait de la fin de l'ère victorienne où les "novels" (romans) étaient appelés "romances", d'où "scientific romance" pour les romans SF.
Les romans de H.G. Wells en particulier, mais même ceux de Jules Verne, la notion s'étendant aux autres pays, étaient considérés comme des "scientific romances".


Je dois dire qu'avant qu'on ne m'en parle, je ne savais pas bien à quoi m'attendre. J'avais lu, entre autres commentaires en parcourant le net, "roman d'aventures, récit de voyage, questionnement "écologique", méditation scientifique et philosophique, réflexion sur la religion et le temps, le livre de Ronald Wright embrasse de multiples genres." (extrait de http://www.evene.fr/ )

Du palpitant et de la réflexion en perspective!

En quelques mots, pour en dévoiler le moins possible, David Lambert, résidant à Londres, se retrouve, à l'aube de l'an 2000, propulsé dans le futur, très exactement 500 ans plus tard...


J'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteur a exploité la machine à explorer le temps de H.G. Wells, vraiment originale cette partie-là du récit. Le fait que le narrateur ait des connaissances en archéologie est également très appréciable car du coup il aborde ce qu'il voit avec une méthodologie qui apporte beaucoup de crédibilité à ses commentaires sur ce monde futuriste.
Comme on s'y attend, ses découvertes sont alarmistes, réchauffement de la planète, extinction d'espèces, et j'en passe, tout cela sont déjà des faits (malheureusement), et plutôt que d'avancer dans le temps pour se rendre compte des dégâts induits par la folie des hommes, on serait tenter de revenir en arrière pour éviter ce drame inéluctable.
Pas de surprises donc quant à l'avenir imaginé par l'auteur, n'empêche ça fout les boules pour dire les choses clairement - surtout que l'auteur a vraiment l'art de la description et qu'on s'imagine trop bien, au travers de sa plume, ce monde que les écologistes tentent désespérement de prévenir.


Mais ce que j'ai trouvé particulièrement ingénieux ici, c'est la façon dont l'auteur nous amène à découvrir comment l'histoire de l'humanité a évolué. En effet, notre narrateur en est réduit à mener une véritable enquête qui nous tient en haleine tout le long et on se retrouve à sa place à essayer de déduire de ses trouvailles ce qui a pu se passer.
Sur l'évolution des civilisations en elle-même je n'ai pas été très convaincue, mais sur la façon dont il nous fait découvrir ce qui s'est passé, j'ai trouvé ça vraiment bien amené.


Intrigue palpitante qui suscite des réflexions vraiment intéressantes et éveille les consciences, mais beeeeaucoup trop de longueurs pour moi, notamment dans les descriptions des paysages, et surtout (surtout!), dans l'aspect romance impliquant le narrateur, Anita et Bird - surtout Anita - trooooop loooong - toooo much - il y avait même des fois où je pensais avoir un peu de répit, et puis il arrive à un endroit et je me dis, ah non ah non il ne va pas en profiter pour se faire sa crise de nostalgie "te souviens-tu Anita, quand nous tralala...", eeeeet siiiiiiiii!, il en profite, le bougre!! Ca, ça a été particulièrement pénible pour moi surtout que c'est relativement constant ses réminiscences du passé dont je me fichais un peu.
"Scientific romance", rien à voir avec la romance je disais plus haut... M'est d'avis quand même que l'auteur a joué sur ce "double-entendre" comme diraient nos amis anglais.


Lecture laborieuse vis-à-vis de cet aspect-là du roman, surtout à partir du moment où il débarque à Londres en 2500, jusqu'à ce qu'on arrive en Ecosse au 2/3 du livre. Par ailleurs, le personnage n'est pas des plus attachants, on s'ennuie à ses côtés, trop grave, trop nostalgique, trop érudit, quasi pas d'humour, torturé par son passé qui revient toujours à la charge alors que je m'intéressais plus à son présent dans le futur (...) - bien contente de n'avoir pas été sa compagnonne de voyage. :)


Appréciation mitigée donc pour ma part, mais vous pouvez également vous fier au commentaire très enthousiaste de Sandrine (n°7 dans le flot des échanges, pour se repérer lol), et sûrement d'autres sur la toile.



L'auteur
Né en Angleterre, où il a grandi, Ronald Wright vit aujourd'hui en Colombie-Britannique. Chronique des jours à venir a été lauréat en 1998 du prix David-Higham, et élu Livre de l'année par le Sunday Times et le New York Times.
Ronald Wright est également réputé pour ses livres de voyage. Son œuvre est traduite dans plusieurs langues. Chez Actes Sud a déjà paru La Sagaie d'Henderson (2004).



A noter que l'auteur s'est appuyé pour son travail de recherche sur (entre autres, bien sûr) Le Dernier Homme de Mary Shelley (la mère de Frankenstein), roman d'anticipation qu'il a trouvé particulièrement intéressant et qui ma foi m'intrigue car il a été publié en 1824 et l'histoire se situe en 2100 par là. Très curieuse de savoir comment on voyait l'avenir du monde au début du XIXè siècle!!

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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 12:00




THE INCREDIBLE SHRINKING MAN

( L'HOMME QUI RETRECIT )


Un thème qui ne surprendrait plus aujourd'hui, qui paraîtrait même assez banal avec tout ce qu'on a bouffé avec "Machin j'ai rétréci untel", "L'attaque de la femme géante", "Freaks", "Elephant Man", etc, ces thèmes qui explorent la différence et le regard de la société vis-à-vis de ce qui ne rentre pas dans la "norme", mais également le mythe de Robinson Crusoe, la survie de l'homme seul en terre inconnue et souvent hostile.
 
Cependant, ce roman écrit en 1956 devait être plutôt novateur, original dans le genre, pour l'époque - je me trompe peut-être - ceci dit, sous la plume de Matheson, le sujet a plus d'étoffe qu'il n'y paraît, plus de profondeur.
C'est d'ailleurs dans cet espoir de retrouver le Matheson de I Am Legend (le livre hein, pas le film, attention!), que je me suis lancée dans la lecture de ce livre.


Passons sur l'origine du mal que l'auteur effleure à peine et qui est peu convaincante (une histoire de brume radioactive qui aurait interagi avec des traces d'insecticide présentes dans le corps de notre héros - la poisse, quoi...), mal qui condamne donc notre héros à rétrécir d'un septième de pouce par jour de façon inexorable, et penchons nous directement sur les conséquences de ce mal et ses répercussions psychologiques sur le personnage principal.

C'est ce que j'ai trouvé vraiment intéressant ici, comprendre ce qui motive et pousse Scott Carey à survivre à tout prix, alors qu'il sait pertinemment qu'il va disparaître sous peu et que toute tentative de s'en sortir est vaine. Paradoxe qui nous renvoie à notre condition humaine, aux questions existencielles que n'importe quel humain pourrait se poser, aussi on s'identifie assez facilement au calvaire de ce personnage.
J'ai trouvé cette réflexion assez pertinente:
"He had no will to live. It was simply that he had no will to die."

D'une manière générale, j'étais beaucoup plus intéressée par l'évolution psychologique du personnage, ses réflexions, son irritabilité grandissante, l'interaction avec son entourage, sa femme, sa fille, au fur et à mesure qu'il rétrécissait, que par ses épreuves physiques et son adaptation progressive à son environnement.

Je me suis fait violence tout le long pour ne pas aller à la dernière page, curiosité poussive difficilement contrôlable de savoir comment cela se termine (est-ce que Scott retrouve son état normal, guérit - ou pas?). J'ai tenu bon, mais j'étais quand même un peu déçue par la fin car l'auteur la conclut sur une évidence logique dont je m'étais fait la réflexion dès le début du roman, concernant sa disparition. 
Enfin bon, cela reste une belle fin quand même sous la plume de Matheson.

Dans l'ensemble, j'ai trouvé cette histoire pas mal, très très bon en terme de suspense, thriller, c'est très très absorbant, parfois oppressant, surtout arrivé à la moitié de l'histoire, mais ça ne vaut pas I am Legend que j'avais vraiment trouvé sublime à plusieurs égards (quoiqu'il y a une scène digne de celle du chien avec une certaine Clarice ici - coeur serré, gorge noué... - superbe passage!).

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