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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 12:18




AINSI VA L'HATTERIA


Présentation de l'éditeur
" L'auteur tient à préciser au lecteur que ce roman n'est pas comme les autres.

Ensuite, l'auteur tient à ajouter qu'il ne demande pas au lecteur d'aimer son écriture ou de la détester, mais de lire son roman jusqu'au bout.

Aussi, l'auteur tient-il à signaler que certains passages peuvent choquer sa sensibilité, d'autres l'émouvoir, d'autres encore lui tirer des rires immenses.

L'auteur demande au lecteur de prendre une très grande gorgée d'air bien pur et frais avant de plonger dans cette eau profonde que constitue ce roman, car il pourrait manquer d'air si cette règle n'était pas bien suivie. "



L'auteur
Arnold Sènou se définit comme originaire du tiers-monde. Auteur, interprète et metteur en scène de one-man-show, il est aussi journaliste.




Wouf! (bruit d'absorption de choc - très difficile à rendre par écrit...)
Alors là, c'est un roman effet coup de poing qui va me laisser une marque pour longtemps!

L'entrée en matière est plutôt plaisante, ne laisse rien présager de ce qui va suivre... Rien qu'en lisant la 4è de couv', on croit que l'on va avoir affaire à un auteur comique, déluré, limite déjanté, en tout cas original, impression confirmée alors que l'on lit les premières pages, sorte d'introduction, de mise en condition du lecteur, qui jusque là, a toujours un sourire très amusé par ce qu'il lit (qu'est-ce qu'on va bien se marrer on se dit alors) (remarquez, j'étais peut-être la seule à me dire ça...).

Et puis on rentre dans le récit est là, wouf wouf wouf! Tourbillon dans un truc complètement inattendu! Le style, HAUTEMENT original, est pour le moins déconcertant, décoiffe, ébouriffe, et sert une écriture riche, vivante, exquise, imagée, vivifiante, extraordinaire (c'est vraiment parce qu'il n'y a pas de terme précis qui la décrirait précisément, hein!, que je m'étale en adjectifs surenthousiastes comme ça)  d'où l'on ressort... déconcerté, décoiffé, ébouriffé, vivifié, scié...


Du coup, retour sur la 4è de couv' pour voir si, quelque part, j'aurais pu m'attendre à cette expérience étonnante qu'est la lecture de ce roman, et si je n'avais pas été trompée par l'auteur sur son contenu.

Et là, stupeur, TOUT est vrai dans la 4è de couv'! (pourtant je l'ai lu 4 ou 5 fois avant de me lancer...)

"L'auteur tient à préciser au lecteur que ce roman n'est pas comme les autres."
Alors là, c'est bien vrai! Ce roman n'est définitivement pas comme les autres, pourquoi chercher à le définir autrement, ou à le catégoriser absolument. Tout au plus, pourrait-on parler d'OLNI (Objet Littéraire Non Identifié)....


"Ensuite, l'auteur tient à ajouter qu'il ne demande pas au lecteur d'aimer son écriture ou de la détester, mais de lire son roman jusqu'au bout."
C'est vrai, encore une fois, on ne peut pas aimer ou détester ce qu'on lit ici, c'est hors-propos, complètement! (mais moi j'ai adoré, je le dis quand même!) En tout cas, j'avais bien aimé cette injonction de l'auteur sur la 4è de couv', injonction qui pourrait faire penser que l'auteur serait conscient de la nullité de son style et qu'il demande la clémence de ses lecteurs. Mais rien à voir en fait mdrrr. Plus j'y pense et plus je me dis qu'en fait cet auteur est un sacré farceur en réalité!!!


"Aussi, l'auteur tient-il à signaler que certains passages peuvent choquer sa sensibilité, d'autres l'émouvoir, d'autres encore lui tirer des rires immenses."
Vrai, vrai, vrai, une fois de plus! Enfin, "lui tirer des rires immenses", là non, surtout dans la première partie. Les rires pour moi sont venus surtout dans les premières pages introductives, avec la présentation de l'hattéria ou la présentation des personnages (mdrrr cette partie), ou la façon tout simplement dont l'auteur s'adresse au lecteur, mais après, quand on rentre dans le vif du sujet, les thèmes abordés relèvent plus du tragique que du comique, et on peine parfois à digérer ce qu'on lit. Non, vraiment, j'ai été secouée, mais pas de rires.


"L'auteur demande au lecteur de prendre une très grande gorgée d'air bien pur et frais avant de plonger dans cette eau profonde que constitue ce roman, car il pourrait manquer d'air si cette règle n'était pas bien suivie."
Je l'avais fait ça! J'avais suivi ses instructions mais un peu à la rigolade, j'avoue! Bien mal m'en a pris! Je ne me doutais pas combien ce n'était pas juste des instructions à la légère, pour faire l'original, et de l'air, j'en ai manqué, énormément, surtout encore une fois, dans la première partie.

Donc rien de mensonger ou raccoleur dans cette 4è de couv', c'est moi qui suis partie sur une mauvaise piste. Mais comme je ne regrette pas de m'être égarée, car la découverte de ce récit a été une véritable surprise pour moi, et pas des moins agréables!


J'hésite à en dévoiler davantage du coup car cette surprise a véritablement contribué à mon plaisir de lecture.


En tout cas, j'ai adoré le style narratif qui interpelle (forcément!! => vous comprendrez si vous lisez ce livre), déstabilise un poil, nous absorbe, nous plonge, nous saisit par la gorge dès le départ pour nous entraîner tout le long du récit, sans jamais nous perdre.
Quelle originalité ce style qui implique le lecteur de façon active, tantôt comme observateur-témoin, tantôt comme participant aux événements, le rendant à la fois proche et distant de ce qui se passe! Il n'y a plus de lecteur d'ailleurs, il se fond littéralement dans le flot de paroles, il est comme une caméra qui embrase les faits d'un regard. Les scènes se succèdent comme dans un film, glissant d'une histoire à l'autre de façon très subtile, les plans s'enchaînent sans répit, pour dévoiler toute une réalité qui se lit aussi bien dans les événements que sur les visages et dans les gestes des protagonistes.
Cette foule d'anonymes que nous côtoyons ne sont d'ailleurs pas des personnages de roman mais des hommes et des femmes qui vivent - survivent, surtout!! - souffrent, espèrent... Que de drames, de dépit, de honte, de rêves, de désillusions, mais aussi de moments de joie, furtifs mais intenses!  Et quelle intensité justement, quelle justesse dans la description de cette vie foisonnante qui anime l'Afrique!
C'est le tiers-monde dans toute sa splendeur si je puis m'exprimer ainsi, l'auteur dresse un véritable tableau vivant de tout un continent écrasé par la misère, l'injustice, et où la lutte pour la survie impose la loi du système D. Il y a beaucoup d'humanisme dans ce roman, on ne peut qu'avoir de l'empathie pour tout ce qui y grouille - des humains aux animaux en passant par la flore et les divers éléments de la nature - tout semble animé d'intentions et participer à la grande aventure de la vie.


Vraiment vraiment vraiment enthousiasmée par ce livre!!!


Egalement commenté par Daniel Fattore.

Ah oui! Une interview de l'auteur qui complèterait bien la lecture de cet OLNI : http://www.afrik.com/article8025.html. Quand je disais que l'auteur était facétieux, j'en veux encore pour preuve la photo en bas de page de cet article! :)

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Published by A_girl_from_earth - dans ROMANS DIVERS
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commentaires

Grenadine 20/12/2008 10:52

Oups, je ne trouve pas la formule d'abonnementHelp !

A_girl_from_earth 20/12/2008 15:38


Oui, c'est parce qu'il n'y a pas de formule d'abonnement sur ce blog  (je présume que vous parlez de la newsletter ou
le machin RSS?).
Pas d'abonnement à quoi que ce soit proposé parce que d'une manière générale, sur ce blog, il faut juste fouiner dans les rayons "Auteurs par pays" ou "Catégories" pour suivre ce qui s'y passe, ou
cliquer sur L'ACCES DIRECT AUX DERNIERES NEWS en page d'accueil.


Daniel Fattore 28/07/2008 12:13

J'en ai encore rajouté une couche chez Wrath (http://wrath.typepad.com). Si après ça, M. Sènou ne devient pas célèbre...

A_girl_from_earth 29/07/2008 11:51


:))) J'en parle aussi autour de moi, des non-bloggueurs pour la plupart, à la mine de rien. Quoi faire d'autre? :)


Daniel Fattore 26/07/2008 19:31

@Clarinette: je plussoie. C'est un ouvrage formidable, même si, effectivement, on a affaire à une sorte d'objet littéraire non identifié: roman, conte, histoires? Passez également lire l'interview de M. Sènou: elle est éclairante, et pourra vous servir de bonbonne d'oxygène si vous manquez d'air en cours de route - puisqu'il est conseillé, avec raison, de bien prendre son souffle. @La maîtresse de céans: excellent, ton billet! Tu présentes l'ouvrage avec humour, et effectivement, on voit là à quel point il tient ses promesses. On a trop vu de quatrièmes de couv' menteuses... celle-là est vraie, à fond. A présent, je me réjouis de te lire sur "L'invention du beau regard". C'est d'une autre trempe (ça se passe au Cameroun), mais c'est également savoureux. Et certainement plus franchement rigolo.

A_girl_from_earth 28/07/2008 10:53


Quel tandem infernal, enfin, trio, avec Mathias Massode, pour la promotion de ce roman lol!
Et merci pour ton commentaire Daniel!
J'attaque bientôt L'invention du beau regard! Tant mieux si c'est plus rigolo. J'aime bien découvrir d'autres cultures par le biais de l'humour en fait. Le rire rapproche et permet de se
comprendre.

Je viens de finir Requiem pour une puce et je suis actuellement sur un roman d'un autre continent que je vais pouvoir trimballer en voyage et sur les plages cette semaine!


clarinette 25/07/2008 22:42

Alors là, tu m'intrigues vraiment ! Je ne sais pas si j'aimerais mais je le note ne serait-ce que pour y jeter un oeil à l'occasion par curiosité...

A_girl_from_earth 28/07/2008 10:44



Ca vaut vraiment le détour! Je suis assez curieuse d'avoir ton avis dessus.



Mathias MASSODE 23/07/2008 22:38

Salut,je me suis surpris tout souriant, riant presque ou rigolant à la lecture de ton commentaire. tout à la mesure de l'OLNI.mais j'ai beaucoup aimé l'humour qui rend compte des péripétie d'un (e) lecteur pourtant averti !je voie un peu, et une fois encore, tout le bonheur que peut procurer une oeuvre.un commentaire aussi original que que le l'oeuvre elle-même. J'espère que Fatore l'a lu aussi ! j'attends de lire son point de vue sur ton commentaire.Ah ! J'a oublié de le mentionner dans le commentaire que j'ai fait sur le compte rendu de Foatore, sur son blog (j'ai pas l'URL en tête). En fait, cette oeuvre me fait beaucoup pensé à "La conjuration des imbéciles" de John Kénédy Tool, que je n'arrives pas à terminer malgré ma bonne volonté. Pourtant, l'auteur n'a fait aucune mise en garde sur la 4ème de couverture ! je te le recommande si tu ne l'as pas encore lu!Mathias

A_girl_from_earth 25/07/2008 01:03


Salut Mathias! Mille mercis pour ce commentaire enthousiaste. 
J'espère que d'autres lecteurs s'ouvriront à l'univers de cet auteur et que nous pourrons lire leurs billets au sujet de cet OLNI prochainement. 
En tout cas, j'attends avec impatience le prochain livre de cet auteur!! 

Aah oui La conjuration des imbéciles, ouioui je l'ai lu et je suis assez d'accord avec toi. Je l'avais qualifié de "quasi oeuvre de génie" et je ne suis pas loin d'en penser la même chose
avec "L'hattéria".

C'est le genre de romans vraiment à part, un peu spéciaux, qu'on peut admorer (admirer/adorer) ou carrément détester, en tout cas ils ne peuvent pas laisser indifférent, ils décontenanceraient
même un peu, et dans tous les cas de figure, s'il y a une chose qu'on ne peut pas leur reprocher, c'est leur manque de caractère dans le style et le contenu.
Ce sont aussi tous les deux des romans où il faut s'accrocher un poil, je comprends que tu n'arrives pas à terminer le roman de Toole. Je me souviens avoir dû faire une longue pause avant
de le reprendre courageusement! La reprise en a valu le coup! :)


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