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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 01:31

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LEGEND OF A SUICIDE

 

( SUKKWAN ISLAND )

 

 

Une lecture très perturbée par des tentatives de trouver la faille, le hic, un truc dans ce livre qui était censé me retourner - un truc amusant en plus, avais-je cru comprendre...

 

... mais commençons par le commencement!

Ce livre, je le vois partout sur la blogo depuis un moment, et les lecteurs ne tarissent pas d'éloges à son sujet. Je sais vaguement que ça se passe en Alaska, que c'est l'histoire d'un jeune ado, qu'il y a un suicide... Tout cela me parle moyen, voire pas du tout... Il y a des thèmes comme ça, on sent tout de suite si ça nous correspond ou pas, même si on ne doute pas une seconde que l'histoire ait pu emballer d'autres lecteurs.

Sauf que bon, je suis curieuse quand même, et faible face aux arguments enthousiastes. Un jour, je passe en librairie, et oooh, je tombe sur ce livre en VO, et ma foi, son épaisseur m'encourage, ce livre fait quelques 200 pages, du lu en moins d'une semaine, quoi... Au pire, une semaine de souffrance si je ne rentre pas dedans, me dis-je.

 

Je commence, et là, ben, au début il ne se passe rien de particulièrement transcendant mais rien de rebutant non plus (rien, quoi ). Un jeune ado qui raconte l'histoire de sa famille, le divorce de ses parents, du banal au premier coup d'oeil... bon...

J'arrive au chapitre "Sukkwan Island", et là, je sens que le récit prend un autre ton, il s'ouvre comme un conte, on rentre dans un autre univers, quelque chose de différent en ressort, je me sens bercée par le talent de conteur de l'auteur, mais je ne suis toujours pas transcendée pour autant, juste, cette nouvelle partie se laisse lire très agréablement.

 

C'est alors que je retrouve Cryssilda qui a adoré ce livre et qui me dit "alors, alors?" - et moi, "ben... rien, pour l'instant". Elle feuillette mon livre, me demande où j'en suis, apparemment je parle de choses qu'elle n'aurait pas lues. Je crois comprendre déjà, par ses mimiques étonnées, que le père meurt différemment, et là j'apprends que la version française commençait par la partie "Sukkwan Island" (en gros, je m'étais tapée des pages pour rien...). Le début que j'aurais lu correspondait à la "réalité", et avec "Sukkwan Island", on rentrait dans la fiction. Aaaah?? Intrigant tout ça... ! Bien, bien, l'espoir renaît, d'autant plus qu'en feuilletant le livre, elle s'arrête à une page et fait "aah oui... mmmh... c'est moins amusant en anglais". Moi de suite, "quoi qu'est-ce?" et là, silence radio, "non non tu verras" - "oui mais ça veut dire quoi?" - "mmmh... non c'est une question de pagination... mais il se passe un truc, tu pourras pas passer à côté." Moi, on me dit des trucs comme ça, forcément, regain d'intérêt, curiosité, harcèlement pour avoir plus de détails... mais, nada, je n'ai pas pu en savoir plus.

 

Je lis donc dans mon coin, hantée par la découverte de ce truc qui me fera trouver l'auteur génial, et quand je tombe dessus, oui, j'ai un léger choc dans ma tête, c'est que c'est assez inattendu - d'ailleurs je tiens à préciser que la pagination n'aurait rien changé pour moi car j'ai relu le truc deux ou trois pour être sûre - et ce, d'autant plus que la première partie (inexistante en français donc) ne me laissait pas du tout imaginer cette tournure des événements.

 

Sauf que d'autres courts chapitres suivent celui de "Sukkwan Island", ceux-là non intégrés dans la version française si j'ai bien compris, et ça m'a un peu perturbée car du coup je me demandais si j'étais bien tombée sur LE truc ou si c'était à venir, et surtout, quelle était la réalité dans tout ce mic-mac.

 

En fin de compte et avec le recul, je vois ce récit - et je précise parler essentiellement de la partie "Sukkwan Island" - comme un "conte" sur la mort, conte car, malgré le glauque et le tragique de situation, il y a quelque chose de beau, d'émouvant, de fort, et même de comique, qui ressort de cette histoire. On sent qu'à travers sa petite farce qui ressemble à un règlement de comptes assumé, l'auteur a fini par accepter le suicide de son père et a pris sa revanche sur cette fatalité, et vu sous cet angle-là, on comprend mieux la construction de ce récit et son développement. J'ai trouvé ça très beau cette manifestation d'amour filial à coups de non-dits, de malentendus, de maladresse, de remords... tout ceci est évoqué par l'auteur avec justesse, finesse et humour.

Au-delà du récit, ce qui me touche, c'est ce processus de deuil étalé sous nos yeux sans pesanteur, l'idée que, pour pouvoir accepter ce qui nous dépasse, surtout quand cela tend à nous culpabiliser, on puisse s'inventer une autre réalité, refaire l'histoire en quelque sorte pour pouvoir prendre sa revanche sur l'inexplicable et l'irréversible, et se rendre justice au passage.

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Published by A_girl_from_earth - dans ROMANS DIVERS
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commentaires

dasola 02/02/2011 10:05



Bonjour A_girl_from_heart, Comment? Qu'apprend-je? L'éditeur français n'a pas publié la version intégrale et les parties traduite ne sont pas dans l'ordre? Je trouve cela assez scandaleux.
Surtout que la version française n'est pas terrible comme style. Je n'ai pas du tout aimé ce roman, ceci explique peut-être cela. Bonne journée.



A_girl_from_earth 02/02/2011 23:05



Ah ben voilà (enfin! ) la première critique vraiment négative sur laquelle je tombe, du coup je vais aller voir de plus
près ton billet à ce sujet (ça tombe vraiment bien que tu aies fait une liste alphabétique d'auteurs!). J'aime bien les impressions (vraiment) variées d'un même livre, je trouve ça même rassurant
quand ça diverge.


Par contre, l'éditeur français a choisi de ne publier que la partie "Sukkwan Island", les autres sont totalement omises et non dans le "désordre".



Karine:) 24/01/2011 00:15



Je ne savais pas qu'il y avait autre chose dans le livre anglais.  Ou plutôt je le savais.  Et je l'avais oublié.  Il m'a mise physiquement mal à l'aise.  Pas certaine que je
peux dire que j'ai aimé mais bon, il m'a marquée. 



A_girl_from_earth 24/01/2011 01:12



Oui, difficile de résumer l'appréciation d'un livre à "aimé", "pas aimé" généralement...


En fait, en abordant la VO, j'aurais dû me renseigner avant car je l'aurais approchée encore différemment si j'avais su que c'était un recueil de nouvelles plus qu'un récit qui se suit - ça m'a
beaucoup perturbée en cours de lecture car la version française est présentée comme un roman à part entière, donc je n'avais pas de raison de douter que c'était pareil pour la VO.


Ça aussi ça va me marquer, tiens!



Cryssilda 23/01/2011 01:58



Ah je suis ravie de lire ton billet (et le passage dans lequel je suis citée me fait beaucoup rire, harcèlement, c'est bien le mot qui convient! Mais rien n'y fait avec moi !! :) ). Finalement tu
as aimé, et pour les mêmes raisons que moi. Je me souviens avoir souris également :) (je m'attendais à un massacre dans ce billet, me voici rassurée!)



A_girl_from_earth 23/01/2011 23:09



J'imagine comme ton coeur a dû battre en ouvrant ce billet (mouhaha c'est ma vengeance!).


Oui, l'auteur a du talent, ça je ne peux pas le dénier, et Sukkwan Island est une réussite en tout point. Après c'est vrai que j'ai été moins sensible que toi ou d'autres au côté "nature",
Alaska, et comme c'est un thème particulier, difficile de le classer comme coup de coeur, mais c'est un récit qui ne laisse pas indifférent et qui marque, c'est sûr.



Géraldine 23/01/2011 00:41



J'ai ce livre en VF chez moi dans ma PAL depuis un moment. Par contre, je suis étonnée, tu n'en parles pas comme les autres, j'ai lu une tonne de billets sur ce livre qui disait plutôt "glaçant",
remuant, révoltant, dur si ma mémoire et bonne et non "drôle" ou "conte". Au point qu'en lisant ton billet, je me suis relevée de mon lit pour aller vérifier sur mon étagère qu'on parlait bien du
même livre !



A_girl_from_earth 23/01/2011 01:10



Tu sais qu'avant d'acheter ce livre, j'ai vérifié dix fois si c'était bien l'équivalent de la VF. Je comparais les deux
4è de couv', je les ai lues et relues plusieurs fois, en vérifiant qu'il y avait bien les mêmes personnages, que c'était bien en Alaska, car les deux titres sont tellement dissemblables.


Bon, sinon je n'ai pas trouvé ce livre hilarant mais il y a certains moments qui prêtent à sourire tout en exaspérant, et l'auteur a une façon de raconter les choses qui fait qu'on est plus amusé
que glacé - enfin, je trouve... il y a une sorte d'humour noir, de cruelle ironie tout le long. Quant au côté "conte", il rejoint un peu le côté "légende" du titre original, et il y a
indéniablement un aspect "fable" dans ce récit.



Ys 22/01/2011 12:34



je ne savais pas que le texte français était tronqué : comment est-ce possible, on n'est pas assez bien pour avoir droit à la version complète ?



A_girl_from_earth 22/01/2011 14:21



C'est vrai que c'est étonnant ces choix éditoriaux... Ce qui serait intéressant, ce serait de comparer les avis des lecteurs anglophones à celui des lecteurs francophones, pour savoir quelle
version a été la plus efficace!


Comme je m'en explique à Keisha, j'ai du mal moi-même à savoir comment j'aurais ressenti le livre si je n'avais lu que la partie "Sukkwan Island", mais en même temps, moi j'ai eu un autre élément
perturbateur qui a joué aussi sur mon approche du livre, et qui a peut-être tronqué mon appréciation du récit. Je ne sais pas...



keisha 22/01/2011 08:42



Tu as donc lu la version complète, merci de ts impressions au fil de la lecture. En français, on n'avait que la partie dans l'ile, avec le père, le gamin, et le truc incroyable page 113 (nous
c'est page 113)


Comme il y a de la nature la dedans, j'ai aimé, mais je comprends que tu aies été déboussolée.


Pourquoi n'a t on pas tout eu en français? That is the question.



A_girl_from_earth 22/01/2011 14:20



Il me semble avoir aperçu quelques bribes d'explications sur le net, soit via des interviews de l'auteur, ou via l'éditeur. C'est vrai que la partie Sukkwan Island se suffit à elle-même, pour
preuve le succès de la version française auprès de ses lecteurs. D'ailleurs, si j'ai bien compris, la version originale compile en fait des nouvelles variant sur un même thème, le suicide d'un
père et la réaction de son jeune fils, Sukkwan Island étant la plus longue de toutes. La version originale apporte un petit plus et justifie le titre original, mais je comprends que le milieu
éditorial ait pu être un peu frileux à l'idée des risques que pouvaient présenter la publication du livre tel quel.


Personnellement, je n'arrive pas à me rendre compte là si j'aurais apprécié juste la partie Sukkwan Island, car j'ai l'impression que ce qui me touche vraiment dans ce récit, c'est plus le
contexte de son écriture et le processus de réconcialation avec le passé de l'auteur dont on se rend vraiment compte à la lumière des autres nouvelles intégrées, et du coup, essentielles à
l'oeuvre.


Quant au côté nature, j'ai bien aimé ici car l'auteur a un vrai talent de conteur et arrive à communiquer ce qu'on peut ressentir perdu dans l'Alaska, le plaisir qu'on peut en retirer, via le
père, comme l'ennui qu'on peut y ressentir, via le fils, et leur interaction fait qu'on imagine très bien, sans l'avoir vécu, ce que ça peut être que se retrouver dans leur situation, mais je ne
sais pas si cela seul aurait suffi à me faire apprécier le livre, même avec le revirement page 113. Grande question!



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