Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 15:09



LA SOLITUDE DES NOMBRES PREMIERS

                        traduit de l'italien par Nathalie Bauer


Présentation de l'éditeur
"Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes ; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair. Mattia, jeune surdoué, passionné de mathématiques, en est persuadé : il compte parmi ces nombres, et Alice, dont il fait la connaissance au lycée, ne peut être que sa jumelle. Même passé douloureux, même solitude à la fois voulue et subie, même difficulté à réduire la distance qui les isole des autres. De l'adolescence à l'âge adulte, leurs existences ne cesseront de se croiser, de s'effleurer et de s'éloigner dans l'effort d'effacer les obstacles qui les séparent.

Paolo Giordano scrute avec une troublante précision les sentiments de ses personnages qui peinent à grandir et à trouver leur place dans la vie. Ces adolescents à la fois violents et fragiles, durs et tendres, brillants et désespérés continueront longtemps à nous hanter."



L'auteur
Paolo Giordano est né en 1982 à Turin. Il prépare actuellement un doctorat en physique théorique. La Solitude des nombres premiers, prix Strega 2008, est son premier roman. Il est traduit dans de nombreux pays.



"Un premier roman phénoménal, lauréat du prestigieux Prix Strega 2008 (équivalent du Goncourt), et vendu à plus d'un million d'exemplaires en Italie." Editions du Seuil

Je ne m'inquiète donc pas des retombées de mon commentaire , et je m'inquiète d'autant moins que je n'ai aperçu pour l'instant que des critiques très positives de blogonautes littéraires sur ce roman.

Retroussage de manches - inspiration - expiration - extension des doigts - c'est parti!

Rien à redire sur le style sobre, agréable, on admire même cette aisance dans l'écriture chez un aussi jeune auteur (moi ça me fascine toujours!) ainsi que cette perception très juste des sentiments humains qu'il retranscrit de façon réaliste et qui pourrait laisser penser qu'il a vécu mille vies tragiques pour en avoir une compréhension et une analyse aussi fine...
... mais ce n'est tout simplement pas mon univers!

Des personnages principaux trop marginaux peut-être pour que je puisse m'identifier ou me sentir proche d'eux, j'avais l'impression d'être un satellite en orbite autour de leur monde.
Non, en fait je viens de comprendre (), j'étais un autre nombre premier, et l'on était trois dans l'histoire, à se côtoyer, s'effleurer, se croiser, sans jamais vraiment pouvoir se retrouver...

Pour seuls qu'ils soient dans leur différence et leur passé lourd de conséquences psychologiques, nos protagonistes n'en sont pas ennuyeux pour autant cela dit, bien au contraire, ils ont même exercé sur moi une fascination inexpliquée, et c'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai suivi leur évolution et leurs rapports à leur entourage, mais vers la fin, j'avais l'impression de flotter dans le néant, à la recherche d'un sens à toute cette histoire...

Peut-être pas de sens à chercher en réalité, ce roman s'intitule "La solitude des nombres premiers", l'auteur pose comme postulat de départ que Mattia et Alice, deux êtres de chair et de sang, sont comme ces nombres premiers, il le démontre à travers son histoire en remplaçant les chiffres et les équations par des mots, il ne manquait plus que l'apposition CQFD en fin de roman!

C'est une histoire aussi réaliste que la vie, l'auteur en aborde en plus un des thèmes les plus tragiques, celui de la solitude des êtres qui pourtant se ressemblent, il manquait peut-être pour moi la magie de la fiction.
A ce propos, j'étais particulièrement énervée vers la fin par rapport à la décision d'Alice - ATTENTION SPOILER (quand l'auteur nous fait croire à la réapparition de Michela et qu'Alice décide finalement de n'en rien dire à Mattia) raaaaaah! j'étais même limite en colère contre l'auteur!  - malheureusement la vie n'est pas toujours comme on aimerait qu'elle le soit...


Pas aussi enchantée que je l'avais espéré de cette lecture, mais pas mécontente d'avoir pu découvrir ce roman d'un jeune auteur italien.

Un grand merci donc à Suzanne de    et aux Editions du Seuil!


Entres autres commentaires plus enthousiastes que j'ai pu glaner sur le net pour l'instant: Yueyin, Hathaway.
EDIT 21/03/09: une dizaine de jours plus tard, toujours plus d'avis enthousiastes, dont Sylvie.
EDIT 12/04/09: quelques ombres au tableau (enfin! ): Mo (Vilain défaut) émet quelques bémols et Madame Charlotte n'a carrément pas aimé!
EDIT 13/05/09: encore une autre ombre repérée chez Dasola !

Partager cet article
Repost0

commentaires

Edthehandle 15/04/2010 21:48



Wouhou ! Très énervée de la fin. D'ailleurs, en parlant de la fin, j'ai re-re-re-lu le livre pour savoir si oui ou non, il se passait quelque chose (du genre "entreleslignes"). Et je me demande
si à la fin, Alice ne se suicide pas... 


...


Je reste perplexe. Quelqu'un a un avis là-dessus ? 



A_girl_from_earth 15/04/2010 22:55



Dans mon souvenir, assez lointain et vague maintenant, il me semble qu'on pouvait comprendre ce qu'on voulait - enfin, pas sûre du tout  - et j'avoue que j'ai assez la flemme de relire ce livre juste pour la fin, surtout qu'il ne m'avait pas tant enchanté que ça.;)



Moka 14/04/2009 07:58

Je suis plus enthousiaste que toi après la lecture de ce livre mais nous partageons le même sentiment face à l'issue du livre et à la décision d'Alice.

A_girl_from_earth 15/04/2009 12:47


Encore une!


pimprenelle 31/03/2009 19:56

Contrairement à toi, j'ai été très touchée par ces personnages et émue par cette histoire. C'est vrai qu'il s'agit d'une banale réalité mais Giordano a su trouver les mots pour la rendre bouleversante!

A_girl_from_earth 31/03/2009 21:43


Je ne dirais pas une banale réalité ("banal" a une connotation qui m'embête un peu, ça sous-entend qu'on estime que ça ne vaut pas la peine de s'y intéresser, ce qui n'est pas mon propos).
Ce que je veux dire c'est que c'est une fiction trop proche de la réalité tragique de nos vies pour que ça me touche plus que la réalité et que ça me bouleverse en tant que fiction.
Mais bien d'accord avec toi, Giordano a réussi à retranscrire cette réalité avec talent!


sylvie 21/03/2009 21:12

j'ai bien aimé le propos, au contraire de toi. Ce livre parle de la vie dans sa cruelle brutalité, de la difficulté de vivre ou de se sentir vivant.Le recours aux mathématiques avec cette hypothèse qui reste tout à fait nébuleuse pour moi est particulièrement original, et enrichit réellement le propos. J'ai trouvé ce livre très captivant et très émouvant.

A_girl_from_earth 21/03/2009 23:29


Ce n'est pas très exactement que je n'ai pas aimé, c'est juste que ça ne m'a en tout cas pas émue, ni bouleversée, comme j'ai pu voir que c'était l'effet généralement produit chez les lecteurs.
C'est, comme je le souligne dans mon billet et comme tu le dis toi-même en parlant de la cruelle brutalité de la vie, trop proche d'une réalité quotidienne pour m'émouvoir, je veux dire par là, ce
n'est pas comme si je découvrais ou prenais conscience d'une réalité à travers ce livre.
Cette histoire est pour moi comme une évidence, une vérité de la Palisse, je n'ai rien appris, je ne vois pas ce qu'on peut en retirer comme message, positif ou négatif, je ne vois pas quelles
réflexions elle pourrait susciter, bref, d'où mon sentiment de vide et de flotter dans le néant vers la fin.
Mais je conçois que ça plaise, ça ne m'a d'ailleurs pas déplu, mais c'est loin d'être un coup de coeur.


maud 15/03/2009 19:35

Je n'ai pas lu ce livre et, soyez rassurée, malgré vos bémols, j'ai tout de même envie de le lire (s'il n'est pas trop dur?!), merci pour cette découverte!

A_girl_from_earth 15/03/2009 21:59


Non, pas vraiment dur psychologiquement parlant, et il se laisse lire plutôt agréablement, après tout est question de sensibilité, je pense. Certains sont touchés, d'autres détachés mais séduits,
d'autres encore, plus rares, se retrouvent propulsés dans une sorte de vide vers la fin...

Merci pour votre visite! J'aime beaucoup votre univers découvert chez Catherine de La culture se partage!


Gangoueus 13/03/2009 00:32

Parfois ça passe, et parfois ça coule! C'est la vie Pour ma part, je suis sur une bonne série depuis le début de l'année, Gare au roman pourri qui va l'interrompre, il aura une critique sévère

A_girl_from_earth 14/03/2009 00:55


J'étais pliée en deux à la lecture de ta dernière phrase! Ca donnerait presque envie de te souhaiter de tomber
prochainement sur un roman bien pourri!
Hé oui, sinon parfois ça passe, parfois ça coule, on n'a pas toujours du nez, mais bon, on est obligé de passer par la case lecture pour le savoir!


Géraldine 11/03/2009 20:36

La vie n'est pas toujours comme on aimerait quelle soit, et les bouquins aussi d'ailleurs !Bon, ton billet n'est pas si négatif que ça puisque malgré certains accès de colère, tu avoues des moments de fascination !

A_girl_from_earth 11/03/2009 22:37


Très vrai ta première phrase pour les bouquins! Des fois on a de grandes attentes d'un roman, hé ben non, déception... c'est particulièrement dur (je m'entends sur le mot ) quand c'est un auteur qu'on apprécie énormément.
Mais effectivement, mon avis sur ce roman n'est pas négatif du tout, c'est juste que c'est le genre de roman qui n'est pas trop pour moi.


Cryssilda 11/03/2009 16:27

J'ai bien aimé ce roman moi aussi, et contrairement à toi, je me suis assez attachée aux personnages! L'aspect épuré du style et des sentiments (apparant), n'ont fait que les rendre plus isolés, et du coup plus touchants (pour moi).Quant à la décision finale d'Alice... un happy ending, ça ne t'aurait pas plu non plus je crois?

A_girl_from_earth 11/03/2009 22:01


J'ai bien aimé suivre leur évolution, de l'enfance au début de l'âge adulte, mais vraiment vers le dernier quart du livre, j'ai commencé à me dire qu'on tournait en rond là.
L'histoire d'Alice vers la fin m'a du coup fait espérer un rebondissement quelconque et paf! Plouf!
Je n'attendais pas un happy ending (quoiqu'on ne puisse pas dire que l'histoire se finisse mal - ça ne se finit pas quoi, ce schéma aurait pu se poursuivre à l'infini, merci à l'auteur d'avoir mis
un point final à un moment donné ). J'attendais juste qu'il se passe quelque chose. Comme je dis, vers la fin j'avais
l'impression de flotter dans le néant. J'ai fermé le livre en me disant: "Booooon..." (intonation montante et sceptique )


Karine :) 10/03/2009 22:50

Je demeure tentée... histoire de voir si je vais entrer dans le récit ou si je vais demeurer extérieure!

A_girl_from_earth 11/03/2009 00:36


Je ne peux qu'encourager à découvrir le livre soi-même pour se faire sa propre idée, d'autant plus que je suis, pour l'instant, le seul nombre premier parmi les lecteurs de ce roman, j'ai
l'impression, les derniers billets que j'ai vus étant toujours aussi enthousiastes!
Il doit bien y avoir mon jumeau ou ma jumelle quelque part! Ouhou! Je suis là!


Florinette 10/03/2009 10:49

La couverture ne m'aurait pas du tout attirée, mais après lecture de ton billet, je me dis pourquoi pas...Bonne journée ! :-)

A_girl_from_earth 10/03/2009 20:11


Je n'aime pas la couverture non plus, mais je ne l'avais pas vue avant d'avoir le livre entre les mains.
Ravie en tout cas que, malgré mes quelques réserves, mon billet puisse donner envie de découvrir ce roman! Je serais d'ailleurs curieuse d'avoir ton avis dessus.


Hathaway 09/03/2009 18:35

Arf je comprends ton énervement !! J'étais partagée sur le sentiment a avoir vis à vis de ce choix aussi...J'ai vu que tu lisais à présent l'ombre du vent, il est dans ma PAL depuis un bon moment et j'ai lu de très bons billets dessus !

A_girl_from_earth 09/03/2009 23:38


Ah oui ça m'a vraiment enragée comme rarement!
J'ai dû faire appel à mon entendement et me raisonner pour me résigner au choix de l'auteur et continuer ma lecture.

Ca y est, j'ai fini L'ombre du vent, j'attends Messaline pour publier mon billet. Bon je ne révèle aucun scoop en disant que j'ai vraiment beaucoup beaucoup beaucoup aimé!


keisha 09/03/2009 16:15

Oui, après les naufrages, ce sont les nombres premiers. j'ai dans l'idée que finalement les naufrages étaient plus mon style de lecture, malgré le titre de ce livre italien. Comme quoi.

A_girl_from_earth 09/03/2009 23:30


J'ai l'impression que les naufrages m'auraient franchement plu, mais bon, finalement on ne sait pas tant qu'on n'a pas lu le livre.
J'étais persuadée que ce roman italien serait tout à fait mon style. Comme quoi! :)


LECTURES EN COURS

                    ooops.jpg 

Recherche

ET POURQUOI PAS ?

 Lubie littérature grecque  Challenge Contes

 challenge-iles.jpg  Lire-sous-la-contrainte.jpg

Le Grenier