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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 15:06



JOURNAL DESESPERE D'UN ECRIVAIN RATE

Présentation de l'éditeur
"Difficile, la condition d'écrivain classique. De nos jours, ni Balzac, ni Stendhal, ni George Sand ne trouveraient forcément grâce aux yeux des éditeurs. Pas plus que tout autre écrivain contemporain... Vous vous demandez pourquoi ? Mary Dollinger, avec son humour et son (faux) flegme britanniques, s'est penchée sur ce problème. Les auteurs, eux, ne s'en sont pas encore remis."


Ca y est, j'ai enfin lu du Mary Dollinger, cette Anglaise qui s'obstine à écrire en français, comme elle aime à se présenter elle-même!
Pour la petite anecdote, j'ai voulu jouer le jeu et attendre de prendre le bus pour profiter de cette lecture spécialement conçue pour ce cas de figure, et quelle excellente idée que cette collection "En attendant le bus" chez l'éditeur Jacques André!

Ce livre peut en décontenancer plus d'un par son volume qui n'est pas très épais et qui tient quasiment dans le creux de la main - en fait pour la deuxième anecdote, j'avais commandé deux livres dont celui-là sur Amazon.fr, et quand j'ai reçu mon colis, je me suis dit qu'ils avaient oublié un livre sur les deux - mais, comme on le sait, ce n'est pas la taille qui compte, et ce court roman n'a rien à envier en qualité à ses copains les pavés.

Original, fin et drôle, voilà pour résumer. Ecriture fluide et agréable pour poursuivre. Satire et dérision pour mieux situer le livre.

Et dans le détail, j'ai beaucoup aimé le fait d'imaginer les écrivains classiques sous l'oeil critique et à la merci d'éditeurs contemporains. Y passent Stendhal, Hugo, Flaubert, Zola, Maupassant, pour n'en citer que quelques-uns. Les échanges sont vraiment truculents! Enfin, échange à sens unique pour la plupart du temps car si les éditeurs ne manquent pas de verve pour descendre ces chefs-d'oeuvre de la littérature française, les écrivains, eux, mis à mal, se retrouvent muets, d'abattement ou d'orgueil, selon la personnalité.
Certains passages sont d'autant plus drôles que Mary Dollinger met le doigt sur des éléments qui peuvent en effet être pénibles pour le lecteur lambda dans les classiques.

Je repense au chapitre avec Stendhal dont La Chartreuse de Parme est sévèrement passé en revue par Anne Carrière, un passage qui m'a fait hurler de rire:
"Le parcours de Fabrice est confus pour le moins, il va, il vient, il couche, il ne couche pas [...]. Ce que le lecteur veut c'est une ligne de conduite simple, logique [...]. S'il pose le livre pour répondre au téléphone et est obligé de relire les pages précédentes car il ne se souvient plus si Fabrice allait ou venait, nous irons droit dans le mur."

J'étais pliée aussi avec l'épisode Flaubert où l'éditeur conseille à l'auteur de revoir le titre et certains passages de Madame Bovary (que j'ai adoré!) dont la trame se retrouve ainsi toute chamboulée, Victor Hugo à qui l'on recommande vivement d'abandonner l'écriture de romans au profit de la poésie, et j'en passe... Comme quoi les conseils des éditeurs ne sont pas toujours bien avisés!
'

"A la merci" je disais plus haut, hé oui, car comme le souligne si bien l'auteure, l'écrivain dépend du bon vouloir de l'éditeur pour voir son travail publié et lu par le grand public. Et pour se faire, l'écrivain qui veut être édité doit accepter les exigences de l'éditeur et faire des concessions sur son oeuvre, prostituer son âme quelque part, car il n'y a de place, sur ce marché, que pour ce qui est sûr de se vendre, au mépris parfois de la qualité, de l'expression artistique et d'une certaine authenticité, business is business, les éditeurs sont des hommes d'affaires avant tout!
Et comme le démontre cette petite mise en scène caustique entre écrivains classiques et éditeurs contemporains, et pour ne citer que l'exemple de la mère d'Harry Potter, à rejeter les manuscrits à tout va, certains, manquant de flair, passent à côté de sacrées perles...


Quelques réflexions après-coup:
Quelle est la recette du roman à succès garanti aujourd'hui? Un roman moins 15% de matières descriptives, enrichi en vitamines A (ction) et S(exuelle)?
L'écrivain devra-t-il lui aussi se mettre au roman diététique et sans saveur?
Peut-il survivre à cette forme de dictature de la mode littéraire qui lui dénie le droit d'être lui, d'être tout court, d'exister?
Allons, ne mélodramatisons pas, nous, lecteurs, sommes là pour y veiller!


Ah oui! J'ai adoré les remerciements de l'auteur à ces écrivains classiques à la fin de son ouvrage, vraiment très drôle!


Egalement commenté par Géraldine, qui nous régale, en prime, d'une interview exclusive de l'auteure!

A découvrir également, le blog de l'auteure, Mary Dollinger.

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commentaires

alain 15/09/2009 08:01

ce court roman a été beaucoup apprécié par un de nos académiciens des plus connus qui s'est donné la peine de l'écrire à l'auteur

A_girl_from_earth 15/09/2009 22:43


Excellente nouvelle! Ravie que le talent de Mary ait été apprécié et reconnu en haut lieu!


sylvie 02/04/2009 13:42

j'ai enfin découvert ce petit livre dont tous les blogueurs parlaient...Je me suis bien amusée aussi;)

A_girl_from_earth 02/04/2009 23:17


Bienvenue dans la petite famille de ceux qui ont été séduits par ce petit livre savoureux!


valy christine 13/02/2009 09:54

Je reviens corriger les fautes "une page et demie"et,"la maison n'a pas les moyens qu'elle voudrait"Sinon, j'ai trouvé le livre de Mary à la FNAC, ça y est je l'ai commandé.

A_girl_from_earth 13/02/2009 14:35


Aaah! Bonne nouvelle! Je suis sûre que ça vous redonnera le sourire!
De mon côté, j'ai déjà fini votre roman. Je me laisse quelques jours pour rédiger un billet à son sujet.


valy christine 13/02/2009 09:44

Ce n'est qu'un prétexte, le passé simple,pour justifier le refus.Suite à mon courrier où j'ai donné des exemples d'un livre publié chez eux et où l’on trouve le passé simple partout, voici la réponse (extrait de la réponse qui fait un page et demi) :
« Je comprends tout à fait votre déception d’autant plus que je peux vous assurer que votre roman a vraiment été apprécié. Je peux même vous dire qu’il figurait dans la sélection finale. Malheureusement, la maison n’a pas les moyens pour prendre tous les livres qu’il voudrait, c’est certainement là l’argument in-fine. »
Et moi je traduis ainsi : la maison n’a pas les moyens de publier quelqu’un d’inconnu, on ne prend pas ce risque-là.
Bien amicalement, Valy Christine

A_girl_from_earth 13/02/2009 14:33


C'est vrai que c'est une sacrée bataille aussi pour certains éditeurs de survivre, les livres n'étant pas une valeur sûre sur le marché. Les lecteurs passionnés restent assez minoritaires dans le
monde des loisirs et de la culture en fin de compte, et des livres, il y en a tellement!
Mais vous devriez essayer d'autres maisons d'édition, vous avez un style bien à vous sur lequel d'autres éditeurs n'hésiteront sûrement pas à miser!
Amicalement


valy christine 12/02/2009 13:03

Merci pour cette analyse, et comme Mary, j'aime les classiques. De surcroît, j'ai reçu pas loin qu'il y a deux jours une réponse négative à mon roman, en me disant que mon style est trop "classique", car j'utilise, damned, le passé simple dans la narration. Alors, le livre de Mary semble d’actualité (personnelle) et je vais le chercher jusqu’au fond de la mer pour le trouver.

A_girl_from_earth 12/02/2009 14:00


C'est confirmé donc! Il y a bien une mode littéraire, le style "classique/narration au passé simple" n'est plus au goût du jour!!!
Personnellement ça ne me dérange pas, en tout cas dans votre roman que je lis en ce moment, ça colle bien au récit!
C'est vrai que le roman de Mary permet de relativiser les refus des éditeurs, c'est tellement subjectif tout cela en fin de compte...


Karine :) 07/02/2009 04:04

Je ne désespère pas de le trouver, celui-là!!  Je sens que je mourrais de rire!!!

A_girl_from_earth 07/02/2009 15:24


C'est un moment de lecture vraiment savoureux!
J'espère que tu auras l'occasion de mettre la main dessus prochainement!


Géraldine 31/01/2009 11:53

Excellent ce billet ! Tu as vraiment une sacrée plume. je te jure, tu devrais te lancer dans l'écriture de romans. En +, maintenant, tu sembles avoir la recette ! Et encore merci pour le coup de pub !!!

A_girl_from_earth 31/01/2009 15:58


Ouh la! Il y a un gouffre entre pondre un commentaire et écrire un roman!
Il y a ces deux petits trucs qui s'appellent imagination et inspiration qui ne sont pas donnés à tous (snif).
 
Tiens, d'ailleurs pour le scoop je m'y suis attelée une fois, blocage au bout d'une quinzaine de pages, mes dialogues étaient d'une pauvreté à pleurer (mais vraiment!), je ne me reconnaissais pas
dans mes écrits, bref, l'expérience m'a fait réaliser que j'étais faite pour lire et non écrire.
C'est pourquoi j'ai une admiration sans faille pour les écrivains, reconnus ou non comme tels, appréciés ou non. Au-delà du talent, ça demande une sacré persévérance!

De nada pour les liens, c'est tout naturel!


Brume 31/01/2009 11:27

Ca a l'air plutôt chouette tout ça ! Je le note !

A_girl_from_earth 31/01/2009 15:44


Tu fais bien! J'espère que tu trouveras autant de plaisir que moi à cette lecture!


alain 31/01/2009 09:05

merci pour mon Anglaise

A_girl_from_earth 31/01/2009 15:26


Tout le plaisir a été pour moi!


keisha 30/01/2009 18:01

Oui cet auteur est fort sympa, et je ne l'ai pas encore lue ! Après Géraldine, tu insistes.

A_girl_from_earth 30/01/2009 22:54


Môôôaaa? J'insiste? Jaaaamais!!!
Je ne fais qu'un compte-rendu de mes lectures! (sifflotte)


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