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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 21:15




MOURIR PARTIR REVENIR
LE JEU DES HIRONDELLES


Présentation de l'éditeur
"En avril 2006, sur le site internet de l'Institut National de l'Audiovisuel (INA), je suis tombée sur un reportage tourné à Beyrouth en 1984. Les journalistes interrogeaient les habitants d'une rue située à proximité de la ligne de démarcation, qui coupait la ville en deux. Une femme, bloquée par les bombardements dans l'entrée de son appartement, a dit une phrase qui m'a bouleversé : " Vous savez, je pense qu'on est quand même, peut-être, plus ou moins, en sécurité, ici." Cette femme, c'était ma grand-mère."



L'auteur
Libanaise, Zeina Abirached est née à Beyrouth en 1981. Elle vit actuellement entre Beyrouth et Paris pour assurer la promotion de ces livres. Après des études à l'Académie Libanaise des Beaux arts (ALBA), elle a suivi un cursus spécialisé en animation à l' Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Paris. Elle est l'auteur de " [Beyrouth] Catharsis ", 1er prix du festival de bande dessinée de Beyrouth en 2002 et du " livre-objet " " 38 rue Youssef Semaani ". Ces deux titres font l'objet d'une réimpression en septembre 2007.



Une BD qui m'a attirée pour son graphisme qui n'était pas sans me rappeler celui de Marjane Satrapi (ce côté noir et blanc, très sobre, les personnages...), quoiqu'ici, les dessins sont beaucoup plus schématiques - puis un rapide coup d'oeil à la 4è page de couv' m'a confirmé que la BD pourrait m'intéresser puisque le récit se situe à Beyrouth - encore une occasion de se cultiver et de découvrir une autre culture! Pour peu qu'il y ait une touche d'humour à la Marjane et je me vois déjà comblée.

Zeina Abirached narre en quelques coups de crayon, une nuit dans un appartement à Beyrouth en 1984, passée à attendre ses parents bloqués chez sa grand-mère quelques rues plus loin.
Le contexte, c'est celui de la guerre civile. Beyrouth est divisée le long de la fameuse "ligne verte", ligne de démarcation entre quartiers musulmans et chrétiens, et entre embuscades, destruction, tirs de francs-tireurs, canons et lance-roquettes, personne n'est en sécurité. 

"Pour éviter le franc-tireur, les habitants du quartier avaient mis au point un système de circulation entre les immeubles... marcher courir grimper sauter raser les murs courir courir marcher se pencher courir grimper sauter attendre attendre attendre courir courir courir... Pour traverser les quelques rues qui nous séparaient, il fallait respecter une chorégraphie complexe et périlleuse."


Alors qu'ils attendent patiemment leurs parents, des voisins d'immeuble les rejoignent un par un, elle et son frère, dans leur appartement. L'entrée de cet appartement est le lieu le plus sûr de l'immeuble, en terme d'abri.
Et c'est avec beaucoup de simplicité que l'auteur relate cette nuit, une parmi d'autres, qui révèle les solidarités entre voisins, le sens de la débrouillardise rendue nécessaire par la situation, le courage des uns et des autres face à des épreuves qui le plus souvent font appel à la réactivité et l'improvisation.

On s'attache aux personnages, à leur histoire, leurs souvenirs, parfois dramatiques, souvent nostalgiques, parfois heureux, souvent amusants. D'une manière générale, tout le monde essaie de vivre comme si tout allait bien, c'est ce qui est assez extraordinaire. Ce récit est par ailleurs plutôt instructif sur la situation à Beyrouth à cette époque (j'avoue que je n'étais pas très au fait - assez vaguement quoi...), en s'articulant juste autour de cette nuit pleine de suspense - épatant pour le coup!

Une scène qui m'a beaucoup marquée, c'est quand un voisin est arrivé avec un légume, en précisant qu'il l'avait lavé, et que tout le monde s'est extasié suite à cette déclaration. Incompréhension, jusqu'à cette explication:
"Pendant la guerre, offrir des fruits ou des légumes à son voisin était déjà un beau cadeau. Mais si en plus on prenait la peine de les laver, cela leur donnait une valeur inestimable."

Hé oui, problème de ravitaillement en eau oblige...

Récit simple et touchant donc, avec l'humour qui dispute sa place à la mort à chaque page.
J'ai beaucoup aimé!

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Published by A_girl_from_earth - dans TEMOIGNAGES EN BD
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